
L’enfer fluvial frappe le Tchad méridional. Ce vendredi 26 juin, le fleuve Chari est devenu le théâtre d’une tragédie humaine sans précédent dans la sous-préfecture de Bousso. Alors que la nuit enveloppait les rives du département du Loug-Chari, une embarcation de fortune a sombré, emportant avec elle onze vies innocentes dans un nauffrage à Bousso. Les passagers, qui rentraient d’une cérémonie festive sur la rive opposée, ont vu leur trajet quotidien basculer dans l’horreur en quelques secondes, plongeant les communautés locales dans une stupeur profonde et un deuil.
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La violence imprévisible des éléments naturels.
Les premiers éléments recueillis auprès des témoins oculaires décrivent une scène de chaos absolu survenue aux alentours de 21 heures. Une brusque rafale de vent, doublée d’une formation orageuse soudaine, a déstabilisé la pirogue, la rendant incontrôlable face aux courants impétueux du fleuve. Pris de panique, les occupants ont vainement tenté de rétablir l’équilibre de l’embarcation, mais le basculement fut inévitable. Dans cette zone où la profondeur des eaux ne laisse aucune chance aux novices de la nage, l’absence de gilets de sauvetage et l’obscurité ont scellé le destin tragique des passagers.
Urgence de secours totalement absente.
La lenteur des secours, retardés par l’enclavement géographique et l’absence d’équipements nautiques adaptés, a cruellement limité les tentatives de sauvetage. Samedi matin, tandis que les autorités locales gagnaient les lieux pour entamer les recherches, le bilan macabre de onze décès s’est confirmé dans ce nauffrage à Bousso, jetant un voile sombre sur la région du Chari-Baguirmi. Le silence prolongé des instances gouvernementales concernant le décompte officiel des disparus alimente l’angoisse des familles, qui attendent impatiemment une communication transparente sur l’étendue réelle de cette catastrophe qui traumatise les familles tchadiennes.
Exigence de réforme sécuritaire nécessaire.
Face à ce bilan humain insoutenable, la classe politique locale monte au créneau. Ousmane Mahamat Ousmane, député de la circonscription, a formulé une exigence pressante : une enquête exhaustive pour déterminer les responsabilités de ce naufrage. Le parlementaire insiste sur l’impératif de moderniser les infrastructures de transport fluvial, souvent délaissées au profit de modes de navigation précaires. Son plaidoyer appelle à une régulation stricte des traversées, avant de rappeler que la sécurité des citoyens sur les cours d’eau nationaux ne peut plus être reléguée au second plan par les autorités de tutelle.
Sécurité des transports en péril.
Ce drame met en lumière les défaillances structurelles des moyens de transport dans le sud-ouest tchadien. L’absence quasi totale de contrôles techniques sur les pirogues, combinée à une sensibilisation insuffisante aux risques climatiques, crée un terreau fertile pour ces accidents récurrents. Le gouvernement se trouve désormais confronté à une pression croissante pour instaurer des mesures préventives, telles que l’imposition d’équipements de sécurité obligatoires et une gestion plus rigoureuse des départs. Au-delà du deuil, cet événement impose une réflexion structurelle profonde pour éviter que le fleuve Chari ne continue de prélever un tribut sanglant sur une population déjà fragilisée.
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