Le silence ne pourra jamais étouffer la vérité lorsque le sang des journalistes fertilise le champ de l’information. L’Union des agences de presse de l’Organisation de la coopération islamique (UNA) a officiellement dénoncé l’assassinat délibéré de Mohammed Washah, correspondant d’Al Jazeera Mubasher.
Le mercredi 8 avril 2026, les forces israéliennes ont pris pour cible son véhicule civil au cœur de Gaza, mettant brutalement fin à son travail de terrain. Cette exécution sommaire s’inscrit dans une sinistre continuité opérationnelle où la liberté de la presse est sacrifiée sous le feu des armes.
Une escalade visant les médias
L’UNA exprime une vive préoccupation face à la recrudescence des attaques systématiques contre les reporters palestiniens en plein exercice de leurs fonctions. L’organisation rappelle que ces méthodes brutales ont déjà fauché, le 21 janvier dernier, les vies d’Abdul Raouf Shaath, Anas Ghneim et Muhammad Salah Qashta, lors d’un raid aérien ciblant leur véhicule à Al-Zahra. Cette stratégie de ciblage semble démontrer une volonté délibérée des forces en présence de réduire au silence quiconque documente, par l’image ou par la plume, la réalité brutale du conflit actuel.
Le ciblage systématique des reporters
Les syndicats de journalistes qualifient ces actes de crimes de guerre, soulignant l’obstination israélienne à éliminer systématiquement les témoins oculaires. L’augmentation du bilan humain, qui atteint désormais le chiffre alarmant de 262 professionnels des médias tués, constitue une déclaration de guerre ouverte contre la liberté d’expression.
Ces agissements constituent une violation flagrante des conventions internationales qui protègent, théoriquement, les journalistes dans les zones de combat. Face à cette hécatombe, l’UNA exige une réaction immédiate de la communauté internationale pour stopper cette spirale de violence mortelle.
Des statistiques terrifiantes et sombres
L’analyse chronologique des données révèle l’ampleur du désastre humanitaire et médiatique. Depuis 2022, les rapports du Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme dénombrent 289 journalistes palestiniens tués, spécifiquement entre octobre 2023 et décembre 2025. De son côté, le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) confirme le décès tragique de 129 professionnels en 2025, majoritairement dans la bande de Gaza. Ces chiffres illustrent une tragédie sans précédent, faisant de ce territoire le lieu le plus meurtrier de l’histoire moderne pour la profession.
L’urgence d’une justice internationale
Le décompte macabre se poursuit, imposant un devoir de mémoire et d’exigence envers les instances internationales. Le mépris total des règles de protection des civils, et par extension des journalistes, fragilise les fondements même du droit international humanitaire. La communauté mondiale doit impérativement exiger l’ouverture d’enquêtes indépendantes afin que ces assassinats ne restent pas impunis. Tant que les auteurs de ces crimes demeureront exempts de conséquences, le risque pour les survivants de la presse palestinienne demeurera une menace quotidienne et omniprésente sur l’ensemble du front.
