
Macky Sall candidat au sécretariat général de l'ONU rencontre Sergueï Lavrov, Ministre russe des Affaires étrangères
L’ancien président sénégalais Macky Sall déploie une stratégie diplomatique audacieuse pour succéder à Antonio Guterres à la tête des Nations unies. En pleine course pour ce poste stratégique, il a récemment multiplié les rencontres au sommet, marquant une étape décisive à Moscou. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a reçu l’ex-dirigeant pour scruter son programme politique. Selon le communiqué officiel du ministère russe des Affaires étrangères, cette entrevue a permis d’aligner les exigences de Moscou sur la vision du candidat.
La candidature controversée de Macky Sall à l’ONU se heurte désormais aux réalités politiques et diplomatiques très complexes. La Russie, membre permanent du Conseil de sécurité, impose en effet une lecture stricte du rôle que jouer sur le plan mondial, l’organisation onusienne, privilégiant un multilatéralisme qui renforce la souveraineté des États face aux ingérences occidentales qui troublent la paix dans le monde.
Diplomatie russe et enjeux.
Cette séquence moscovite s’inscrit dans un ballet diplomatique plus large. Lavrov ne limite pas ses échanges à Sall ; il a également auditionné d’autres personnalités, dont l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet. Ces dialogues portent sur le renforcement du rôle l’ONU, une organisation aujourd’hui contestée pour son impuissance face aux crises dans le monde et celle ukrainienne et moyen-orientale ainsi que dans de nombreux pays d’Afrique.
Pour la Russie, le prochain Secrétaire général doit incarner une rupture avec l’hégémonie traditionnelle des puissances occidentales. Macky Sall, fort de son expérience à la tête de l’Union africaine, une fonction occupé pendant l’année 2022, cherche à se positionner comme le candidat de transition capable de réconcilier les blocs, un argument qui séduit les capitales qui cherchent à rééquilibrer et donne plus de pouvoir aux instances mondiales.
Soutien sénégalais enfin obtenu
Sur le plan national, la trajectoire de cette candidature vient de connaître un basculement spectaculaire. Longtemps hésitant, le gouvernement sénégalais actuel, dirigé par le président Bassirou Diomaye Faye, qui au depart ne souhaitais pas accordez son soutien au Président sortant, a officiellement annoncé son soutien à Macky Sall pour le post de Sécretaire général de l’ONU. Ce revirement survient après une visite symbolique de l’ancien chef d’État à Dakar(cf. Photo).

Pourtant, le climat politique reste électrique au Sénégal. Le pouvoir en place et une partie de l’opinion publique reprochent vivement à Macky Sall la répression des manifestations entre 2021 et 2024, lesquelles ont causé la mort de nombreux citoyens. Ce passif judiciaire et politique fragilise la légitimité internationale du candidat, malgré ce récent ralliement de son propre pays.
Lire aussi |
- Candidature à l’ONU | Macky Sall persiste malgré l’opposition diplomatique
- Réforme de l’ONU | Macky Sall s’aligne sur la vision de Trump
- Terrorisme au Sahel | L’ONU exige une action globale
Complexité du parcours politique
La candidature de Macky Sall suit un cheminement atypique. Ce n’est pas le Sénégal qui a initialement porté son nom, mais le Burundi, dans le cadre de la présidence tournante de l’Union africaine. Fin mars, une coalition d’États membres avait pourtant marqué son hostilité face à ce dossier, pointant du doigt les violations des droits humains sous l’ère Sall ayant fait de nombreuses victimes et des blessés lors des manifestations reprimées par le regime de Macky Sall.
La volte-face de Dakar, actée trois jours après un retour médiatisé de l’ex-président dans la capitale, illustre la complexité des rapports de force internes. Si la diplomatie de couloir favorise les alliances, la réalité de la gouvernance locale rattrape inévitablement les ambitions internationales, forçant les candidats à un exercice de funambule permanent.
Perspectives à l’ONU demain
À terme, la course pour le secrétariat général de l’ONU reste un processus verrouillé par les cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Le soutien de la Russie, bien que importante, ne garantit pas une victoire finale. Macky Sall joue ici une carte maîtresse pour légitimer son retour sur la scène mondiale tout en tentant de faire oublier les zones d’ombre de sa fin de mandat sanglant.
L’organisation onusienne, à la croisée des chemins, doit choisir entre un candidat de consensus et une figure politique clivante. La décision finale des grandes puissances déterminera si la candidature sénégalaise sera celle d’un renouveau institutionnel ou d’une simple manœuvre diplomatique de plus pour le contrôle de l’ONU.
DVN/Afriki24.com































