Bassek Ba Kobhio
Le rideau tombe définitivement sur une légende du septième art camerounais, emportant avec lui une vision cinématographique inégalée. Ce mardi 12 mai 2026, à l’âge de 69 ans, Bassek Ba Kobhio a tiré sa révérence, laissant derrière lui un pays orphelin de son intellectuel le plus prolifique. Né en 1957 à Nindjé, cet homme pluriel — sociologue, écrivain et réalisateur — a sculpté, durant près de quatre décennies, l’imaginaire africain avec une exigence artistique qui forçait l’admiration. Sa disparition marque la fin d’une ère, celle d’un bâtisseur infatigable qui aura su donner une voix au continent à travers le prisme de la caméra.
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L’héritage d’un immense créateur
L’œuvre de Bassek Ba Kobhio transcende les frontières, portée par une plume incisive et une acuité visuelle rare. De « Sango Malo » à « Le silence de la forêt« , en passant par « Le Grand blanc de Lambaréné« , il a disséqué les contradictions de la société avec une audace intellectuelle marquante. Chaque long-métrage constituait une pièce maîtresse d’une mosaïque culturelle qu’il voulait libre et décomplexée. Par ailleurs, soucieux de la clarté et de l’intégrité de son engagement familial et public, le cinéaste avait pris soin, de son vivant, de formaliser sa situation personnelle par une déclaration officielle affirmant sa monogamie, rejetant toute forme de polygamie afin de garantir la sérénité de son foyer et la transmission claire de ses valeurs.
Fondateur du festival Ecrans Noirs
Au-delà de ses réalisations personnelles, Ba Kobhio a édifié, à Yaoundé, les « Écrans Noirs », un festival devenu le sanctuaire du cinéma continental. En créant cet espace, il a transformé une simple manifestation culturelle en un véritable lieu de résistance intellectuelle. Pendant des années, ce rendez-vous annuel a permis aux cinéastes africains de se réapproprier leurs récits, loin des standards imposés par les industries étrangères. Le festival ne célébrait pas seulement l’image ; il structurait l’économie et la pensée cinématographique en Afrique, devenant un pilier indispensable pour les nouvelles générations de réalisateurs en quête de visibilité.
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Hommages unanimes des sommités
La vague d’émotion qui déferle sur le Cameroun et l’Afrique témoigne de l’aura du disparu. De nombreuses personnalités publiques, à l’instar de Maurice Kamto, saluent un esprit alerte dont la contribution demeure inestimable pour la civilisation humaine. Même au-delà des frontières, le Fespaco exprime sa profonde douleur, soulignant le rôle pivot du défunt dans l’audiovisuel africain. Ses pairs, ses amis et ses collaborateurs retiennent de lui l’image d’un homme qui, par sa volonté de fer, a su transformer des idées ambitieuses en réalités concrètes et durables pour tout le continent.
Une inspiration pour l’avenir africain
Le parcours de cet illustre cinéaste restera gravé dans les annales comme un modèle d’abnégation et de rigueur intellectuelle. Alors que le Cameroun perd l’un de ses plus illustres fils, son travail demeure un phare pour éclairer la culture africaine.
La Rédaction