
Le président Abdelmadjid Tebboune
L’Algérie mise tout sur ses ressources minières pour transformer son économie. Le président Abdelmadjid Tebboune a sommé mardi ses ministres d’accélérer le rythme sur les dossiers stratégiques. L’objectif affiché est clair : sortir de la dépendance exclusive aux hydrocarbures en exploitant les immenses gisements de phosphate, de fer, de zinc et de plomb. Selon les données communiquées par la présidence, ce virage industriel dépend directement de la levée des blocages bureaucratiques et de la finalisation rapide d’infrastructures lourdes, encore largement en phase de chantier sur le terrain.
L’Algerie fait face à des défis miniers, une priorité nationale. Le projet intégré de phosphate de Bled El Hadba, dans la wilaya de Tébessa, cristallise cette ambition gouvernementale. Les experts estiment le gisement à plus de trois milliards de tonnes, dont 840 millions de tonnes de réserves exploitables. Sous l’impulsion des géants étatiques Sonatrach et Sonarem, ce méga-projet ne se limite pas à l’extraction brute. Il englobe également l’enrichissement, la transformation chimique et la commercialisation mondiale, plaçant l’Algérie en position de futur exportateur majeur sur le marché des engrais.
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Logistique clé du développement minier
Toutefois, la viabilité de cette filière reste prisonnière d’une contrainte géographique majeure. Le phosphate extrait à Tébessa doit impérativement rejoindre les unités de traitement et les ports pour être exporté. La réalisation simultanée du complexe chimique d’Oued Kebrit et l’extension du port d’Annaba sont des conditions sine qua non. Sans une logistique portuaire de pointe, l’extraction minière perdrait toute sa compétitivité face aux standards internationaux, transformant ces ressources en simples stocks dormants sans réelle valeur ajoutée.
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Modernisation du réseau ferroviaire est
Le maillon central de cette stratégie demeure la modernisation de la ligne ferroviaire minière Est. Long de 422 kilomètres, cet axe stratégique traverse cinq wilayas pour relier les gisements de Djebel El Onk et Bled El Hadba aux sites industriels. Les travaux de dédoublement et de rectification du tracé représentent un défi technique colossal. Le gouvernement reconnaît ouvertement que le retard sur ces rails pourrait paralyser l’ensemble de la chaîne de production minière prévue par le plan présidentiel.
Calendrier serré pour l’échéance
La pression monte à Alger, car l’exécutif vise une mise en service opérationnelle dès le premier trimestre 2027. Bien que les autorités promettent l’achèvement des principaux travaux de génie civil avant la fin de l’année, le calendrier reste extrêmement serré. La réussite de ce pari industriel dépendra de la capacité de l’État à coordonner ses entreprises publiques sur des chantiers aussi vastes qu’interdépendants. L’avenir économique du pays se joue désormais sur la célérité de ses chantiers ferroviaires et portuaires.
































