
Le Président Burkinabè Ibrahim Traoré en Conseil des ministres. Crédit Photo-Présidence du Faso
L’agriculture du Burkina Faso entame sa mutation. Le Conseil des ministres a validé le jeudi 07 mai 2026 de 9h à 13h, une enveloppe colossale de 164 milliards de francs CFA, marquant une volonté politique forte de transformer en profondeur le secteur primaire. Par le biais de deux ordonnances stratégiques, le gouvernement burkinabè officialise la ratification d’accords de prêts et de dons. Ces capitaux substantiels visent à restructurer durablement la production vivrière nationale tout en garantissant une sécurité alimentaire pérenne pour les populations, confrontées aux défis climatiques et économiques actuels.
Lire aussi :
- Le Burkina Faso lance l’opération WIBGA-2 pour sécuriser le pays
- Le Burkina Faso suspend 350 associations
- Burkina Faso | Traoré choisit l’assiette comme arme souveraine
Une ambition pour la souveraineté
Cette dynamique financière repose sur un calendrier précis et des partenariats internationaux ciblés. Le 15 mars 2026, l’État a scellé un accord majeur avec l’Association internationale de développement (IDA), filiale de la Banque mondiale. Ce financement, initialement fixé à 83,76 milliards de FCFA, constitue le pilier de l’Opération d’appui à la Transformation de l’Agriculture au Burkina Faso (OATA-BF). Avec un investissement global projeté à 104,4 milliards de FCFA, le projet cible une modernisation technique immédiate, en mettant l’accent sur la rentabilité des filières agricoles locales et le soutien direct aux exploitants ruraux.
Lire aussi :
Des objectifs de productivité clairs
L’initiative ne se limite pas à un simple apport de liquidités ; elle déploie une stratégie holistique pour maximiser la compétitivité. Les autorités visent explicitement l’accroissement de la productivité agricole, tout en intégrant des mécanismes de résilience robustes contre les changements climatiques. Ce programme facilite également l’accès des agriculteurs au financement privé, un levier important pour briser l’isolement financier du secteur. En décloisonnant les ressources, le gouvernement favorise un écosystème où l’innovation technique rencontre enfin les besoins réels des producteurs sur le terrain.
Aménagement des terres en action
Sur une période d’exécution de cinq ans, les travaux de terrain structureront le paysage agraire. Le projet prévoit l’aménagement technique de 3 900 hectares de périmètres irrigués, une avancée majeure pour limiter la dépendance aux aléas pluviométriques. Parallèlement, la réhabilitation de 1 800 hectares de bas-fonds sera opérée via des chantiers à haute intensité de main-d’œuvre (HIMO). Cette approche garantit non seulement une amélioration des rendements, mais stimule également l’emploi local, transformant ces terres en véritables moteurs de développement rural durable.
La Rédaction


















