A l’Union Africaine, les chefs d’État et de gouvernement africains ont conclu les travaux de la 39e session ordinaire de la Conférence de l’Union africaine (UA) à Addis Abeba, en Éthiopie, en définissant un ensemble de priorités stratégiques pour l’horizon 2026 et au-delà. Ces orientations, élaborées dans un contexte géopolitique mondial en mutation rapide, ambitionnent de renforcer la position de l’Afrique sur la scène internationale et de répondre aux défis multidimensionnels auxquels le continent est confronté.
Sécurité Hydrique : Un pilier du développement Africain
Au cœur des discussions, la thématique centrale « Assurer la disponibilité durable de l’eau et des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063 » a dominé les débats. Les participants ont souligné l’importance cruciale de la sécurité hydrique pour soutenir les ambitions de développement socio-économique de l’Afrique. Ils ont exploré des stratégies visant à renforcer la gestion durable des ressources en eau, à améliorer l’accès à l’eau potable et à promouvoir des systèmes d’assainissement efficaces, reconnaissant que ces éléments constituent des fondements essentiels pour la prospérité et le bien-être des populations africaines.
Évaluation de l’Agenda 2063 : bilan et perspectives
Les conférenciers ont procédé à un examen approfondi des réalisations et des lacunes identifiées dans le cadre du deuxième plan décennal de mise en œuvre de l’Agenda 2063, le programme de développement continental de l’UA à l’horizon 2063. Cette analyse rétrospective a permis d’identifier les progrès accomplis, les obstacles rencontrés et les ajustements nécessaires pour optimiser la réalisation des objectifs ambitieux fixés pour la période 2024-2033. L’accent a été mis sur la nécessité d’accélérer les efforts dans les domaines où les progrès sont insuffisants et de renforcer les mécanismes de suivi et d’évaluation pour garantir une mise en œuvre efficace de l’Agenda 2063.
Evariste Ndayishimiye prend les rênes de l’Union Africaine
Le président du Burundi, Evariste Ndayishimiye, a assumé la présidence de l’UA pour l’année 2026, succédant au président angolais Joao Lourenço. Lors de la cérémonie de passation de pouvoir, M. Ndayishimiye a exprimé son engagement à renforcer le positionnement mondial de l’Afrique et à œuvrer pour un monde plus juste, plus équilibré et plus inclusif. Il a souligné l’importance de relever les défis sécuritaires persistants, de promouvoir la coopération multilatérale et de lutter contre les effets néfastes du changement climatique, autant d’enjeux cruciaux pour l’avenir du continent africain.
Bilan de Joao Lourenço progrès et défis persistants
Dans son rapport exhaustif sur les réalisations de l’année 2025, le président sortant, Joao Lourenço, a mis en évidence les progrès significatifs accomplis dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063. Ces avancées comprennent la mobilisation d’investissements pour les infrastructures, le renforcement de l’intégration continentale grâce à la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA) et l’amélioration de l’efficacité institutionnelle de l’UA. M. Lourenço a cependant insisté sur la nécessité de redoubler d’efforts pour faire taire les armes à travers l’Afrique, reconnaissant que la persistance des conflits constitue un obstacle majeur au développement et à la stabilité du continent.
Engagement de Ndayishimiye pour un Monde plus juste et inclusif
M. Ndayishimiye a souligné que son mandat sera axé sur le renforcement du rôle de l’Afrique dans un contexte mondial marqué par des défis sécuritaires incessants, la montée de l’unilatéralisme, des tensions économiques croissantes et les effets dévastateurs du changement climatique. Il a plaidé pour une approche multilatérale et inclusive, fondée sur la coopération et la solidarité, afin de construire un avenir meilleur pour l’Afrique et pour le monde.
Mahamoud Ali Youssouf | préoccupations majeures
Le président de la Commission de l’UA, Mahamoud Ali Youssouf, a exprimé de vives préoccupations quant aux défis majeurs auxquels l’Afrique est confrontée. Il a notamment évoqué l’incapacité du continent à faire face aux menaces qui pèsent sur la paix et la sécurité dans différentes régions, les incertitudes géopolitiques et la polarisation mondiale, la résurgence des changements anticonstitutionnels de gouvernement, les déficits financiers et de gouvernance, ainsi que les conséquences désastreuses du changement climatique. M. Youssouf a appelé à une action collective et coordonnée pour relever ces défis et préserver la stabilité et la prospérité de l’Afrique.
Dans un monde de plus en plus complexe et interconnecté, l’Afrique est confrontée à des défis sans précédent, mais elle dispose également d’un potentiel immense. Pour réaliser pleinement ce potentiel, il est essentiel que les dirigeants africains continuent de travailler ensemble, en étroite collaboration avec leurs partenaires internationaux, pour promouvoir la paix, la sécurité, la bonne gouvernance et le développement durable. L’Afrique doit saisir les opportunités qui se présentent à elle pour construire un avenir meilleur pour ses populations.
