Tchad | Opération militaire à Korbol dans le Moyen Chari, l’État réaffirme son emprise

Le brasier de Korbol laisse sans voix au vu des images relayées par des militaires en opérations dans la zone. Une chronique d’une escalade laissant peu d’informations qui filtrent. Des cases, et des toîts incendiées, c’est du moins ce qu’on observe sur des images des vidéos, relayées par des militaires lourdement armés.

La ville de Korbol, actuellement déserte, au cœur de la province du Moyen-Chari, est le théâtre d’une conflagration aux ramifications profondes. Des heurts d’une intensité rare et alarmante opposent désormais les forces armées tchadiennes aux éléments dissidents du Mouvement Patriotique pour la République et la Démocratie (MPRD), jetant une ombre funeste sur l’avenir de la région.

L’annonce officielle, relayée par la voix du Délégué Général du Gouvernement, Abderamane Ahmat, révèle une tentative initiale de désamorcer la crise par le dialogue, un ultime rempart contre l’escalade de la violence. Cette initiative, bien que louable, s’est avérée impuissante face à la détermination des factions opposées, précipitant la région dans un cycle de violence aux conséquences incalculables.

Entre incertitude et résilience,  la population civile au cœur de la tempête

Malgré la volonté affichée de privilégier la voie de la négociation, des « circonstances indépendantes de la volonté de l’Etat » ont irrémédiablement précipité l’affrontement, engendrant des pertes humaines que le gouvernement déplore sans toutefois en préciser l’ampleur. Un voile de silence recouvre le bilan exact des victimes, alimentant les spéculations et exacerbant l’angoisse de la population. Face à l’onde de choc qui traverse les communautés, les autorités s’emploient à rassurer, affirmant que le déploiement massif des forces de sécurité vise avant tout à protéger les citoyens et leurs biens, tout en rétablissant l’ordre et la tranquillité publique, des promesses qui peinent à dissiper la peur et l’incertitude.

L’impératif du retour à l’ordre : entre propagande et réalité sur le terrain

Un appel solennel au calme a été lancé, exhortant les habitants à coopérer pleinement avec les forces de l’ordre, gage d’un retour à la normale rapide et efficace. La situation est présentée comme étant sous contrôle, une affirmation qui contraste avec les témoignages alarmants émanant du terrain. Une mise en garde ferme est adressée à ceux qui seraient tentés de diffuser de fausses informations, les autorités appelant à la vigilance face aux rumeurs amplifiées par les réseaux sociaux, véritables catalyseurs de la désinformation. Dans un ultime effort pour consolider un retour à la normale durable, les sous-préfets reçoivent l’ordre impératif de rejoindre leurs postes, assurant ainsi la continuité du service public et la présence de l’État sur le terrain, un symbole fort de la détermination du gouvernement à rétablir son autorité.

Les événements rappellent les actes de la milice Djandjawid

Cependant, un officier militaire basé à N’Djaména, requérant l’anonymat, a confié avoir consulté des images accablantes, révélant des habitations en flammes. Selon lui, ces actes délibérés témoignent d’une volonté manifeste de ne rien laisser subsister, rappelant les atrocités commises par la milice Djandjawid au Darfour dans les années 2000, une période sombre marquée par des centaines de milliers de morts et des millions de déplacés. Ces révélations, si elles s’avèrent exactes, pourraient raviver les tensions ethniques et compromettre les efforts de réconciliation.

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