Tchad | l’éducation nationale au bord de la rupture ?

N’Djaména retient son souffle devant un système éducatif qui inquiète de plus en plus. Un bras de fer inédit oppose les syndicats d’enseignants au gouvernement, menaçant de plonger le système éducatif tchadien dans une crise profonde. Au cœur de la discorde : la mise en place du Conseil Tripartite de Pilotage du Pacte de Stabilité Sociale et Économique (CTPPSS), perçue comme une provocation par les organisations syndicales.

Le front uni de la Plateforme syndicale et du Collectif des syndicats de l’éducation dénonce une manœuvre dilatoire, un contournement pur et simple des engagements pris. Le décret n°2850, fruit de mois de négociations ardues, est relégué au second plan, sacrifié sur l’autel d’une nouvelle instance décisionnelle jugée opaque et illégitime.

« Une trahison », « un reniement », les mots claquent, traduisant la colère et la frustration des représentants du corps enseignant. L’exclusion des acteurs clés des précédentes négociations du CTPPSS est vécue comme une véritable déclaration de guerre, une remise en cause brutale de la confiance mutuelle.

Le ton monte, la pression s’intensifie. La PSSET et le COSET, fers de lance de la contestation, appellent leurs adhérents à la mobilisation. Un ultimatum est posé : le 31 janvier 2026. Passée cette date, le risque de paralysie du système éducatif est réel. La menace d’une grève générale plane comme une épée de Damoclès sur le pays.

Le gouvernement est sommé de rendre des comptes, de justifier ses choix, de clarifier ses intentions. Les enseignants exigent des garanties, des preuves tangibles de sa volonté de respecter ses engagements. La transparence est la clé de voûte d’une sortie de crise.

L’enjeu est colossal. Au-delà des revendications salariales et statutaires, c’est l’avenir de l’éducation tchadienne qui est en jeu. Un échec du dialogue social pourrait avoir des conséquences désastreuses sur la formation des jeunes générations, compromettant ainsi le développement du pays.

Le compte à rebours est lancé. Le gouvernement a jusqu’à fin janvier 2026 pour apaiser les tensions et éviter le chaos. Une réponse politique forte, une ouverture sincère au dialogue sont indispensables pour sortir de l’impasse. Le Tchad est à la croisée des chemins. Le temps presse.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *