Dans les murs austères du Commissariat central N°2 de N’Djaména, un silence pesant a enveloppé l’audition de Moussa Nguedmbaye, figure de proue du journal en ligne Nouvelles.td. Le lundi 5 janvier 2026, ce gardien de l’information s’est retrouvé au cœur d’une tempête judiciaire, une plainte pour diffamation déposée par le Commissariat de sécurité publique N°17 (CSP 17) planant comme une menace sur la liberté de la presse tchadienne. L’enjeu dépasse le simple cadre d’un litige ; il s’agit d’un véritable test contre la liberté de la presse et la capacité des médias à scruter les rouages du pouvoir sans craindre des représailles.
Les aiguilles de l’horloge ont lentement progressé durant deux heures, rythmées par les questions des enquêteurs et les réponses mesurées du directeur de publication. Me Francis Lokoulde et Me Lucas, remparts juridiques de Nguebmbaye, ont veillé au respect de ses droits, tandis que le président de l’Union des Journalistes du Tchad (UJT) et le vice-président de l’Association des Médias Électroniques du Tchad (AMET) ont manifesté leur solidarité, conscients que sans soutien de leur organisation, l’issue de cette affaire pourrait redéfinir les contours de leur profession. L’atmosphère, décrite comme sereine par les avocats, n’en efface pas moins la gravité de la situation : un journaliste est mis en cause pour avoir exercé son droit d’informer.
Ce qu’on reproche à M. Guedmbaye
Au cœur du conflit, une enquête journalistique audacieuse, un pavé jeté dans la mare tranquille des pratiques du CSP 17. Nouvelles.td avait osé lever le voile sur des amendes jugées arbitraires, infligées à des citoyens par les agents de ce commissariat. Une accusation grave, qui a manifestement ébranlé les fondations de l’institution et poussé ses responsables à riposter. Le commissaire du CSP 17 a également été entendu, transformant l’affaire en un duel judiciaire où la vérité devra triompher des intérêts particuliers. La question est maintenant de savoir si l’enquête de Nouvelles.td était un acte de journalisme responsable ou une diffamation calculée.
L’enquête suit son cours, chaque partie s’est engagée à coopérer avec la justice. Mais au-delà des procédures judiciaires, c’est le rôle des organisations professionnelles de médias qui prend toute son ampleur. L’UJT et l’AMET, tel des phares dans la nuit, apportent leur soutien indéfectible à M. Nguebmbaye, estimant que cette affaire représente un enjeu majeur pour la sauvegarde de la liberté de la presse et le droit des journalistes à enquêter sur les éventuels abus de pouvoir. Leur mobilisation est un signal fort envoyé aux autorités tchadiennes : la communauté journalistique ne laissera pas un de ses membres être sacrifié sur l’autel de la censure.
Les vérités souvent censurées ?
Cette affaire met sur la place publique une vérité souvent occultée : les relations entre les forces de l’ordre et les médias sont un terrain miné, où la tension est palpable et les risques omniprésents. La couverture d’informations sensibles est un exercice d’équilibriste, où la recherche de la vérité doit composer avec les impératifs de la sécurité publique et le respect de la vie privée. L’issue de cette enquête sera déterminante pour l’avenir du journalisme au Tchad, un test de la maturité démocratique du pays. Si la liberté de la presse est étouffée, c’est toute la société tchadienne qui en paiera le prix.
Dans un climat politique et social souvent instable, l’UJT et l’AMET réaffirment leur engagement à défendre les droits des journalistes et à garantir la liberté de la presse, un pilier essentiel de toute société démocratique. Elles suivront de près l’évolution de cette affaire et apporteront tout le soutien nécessaire à M. Nguebmbaye et à Nouvelles.td, déterminés à ne pas laisser l’ombre d’accusation de diffamation obscurcir le droit fondamental d’informer et d’être informé.
