L’arrestation du journaliste Dikoua Innocent, survenue ce samedi 24 janvier 2026, au commissariat de sécurité publique N°3 de N’Djaména, suscite l’inquiétude au sein de la profession et de la société civile tchadienne. L’information a été communiquée par ses proches, qui se disent dans l’incapacité de déterminer les motifs précis de cette interpellation.
Une arrestation liée à la dissolution d’une association culturelle ?
Bien que les raisons officielles de l’arrestation de Dikoua Innocent restent inconnues, son entourage évoque une possible connexion avec l’affaire de la dissolution de l’association de développement de la culture Moussey, « Kodomma ». Cette hypothèse est d’autant plus plausible que d’autres journalistes ayant traité ce sujet sur les réseaux sociaux ont déjà été convoqués et interrogés par les autorités.
Répression croissante contre les journalistes ?
L’interpellation de Dikoua Innocent s’inscrit dans un contexte préoccupant marqué par une multiplication des arrestations et des convocations de journalistes au Tchad. Azoudoum Aweina Gédéon, après un long interrogatoire, a été relâché, tandis que Dimanche Isaac Kassalatna, directeur de publication du journal « La Luciole », a passé 72 heures en garde à vue. Ces événements font craindre une volonté d’intimider les professionnel-les de l’information, dont le rôle est pourtant essentiel pour assurer la transparence et le débat public dans une société dite démocratique.
Un test pour la liberté de la presse au Tchad
Ces actions, perçues par certain-e-s comme des tentatives anodines, constituent en réalité un véritable test pour la liberté de la presse au Tchad. Le cas de Dikoua Innocent, collaborateur des journaux « Abba Garde » et « Salam Info », et actif sur les réseaux sociaux, met sur la table, la vulnérabilité des journalistes qui osent s’exprimer sur des sujets sensibles et critiquer les actions du pouvoir. Cette arrestation soulève des questions fondamentales sur le respect des libertés fondamentales et l’indépendance des médias dans le pays.
