La ville d’Al-Kuweik, située dans la région du Kordofan du Sud au Soudan, a été le théâtre d’intenses combats, mercredi, alors que les forces armées soudanaises ont affirmé avoir repoussé une offensive d’envergure menée par les Forces de soutien rapide (FSR), une milice paramilitaire, en coalition avec le Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N).
Le récit Militaire des affrontements d’Al-Kuweik
Des sources militaires, s’exprimant sous couvert d’anonymat auprès de l’agence Anadolu, ont rapporté que l’attaque avait débuté dès les premières heures de la matinée. Les unités de l’armée soudanaise auraient fermement répondu à l’assaut, infligeant de lourdes pertes humaines et matérielles aux assaillants. Selon ces mêmes sources, la riposte aurait contraint les FSR et le SPLM-N à battre en retraite. Les forces gouvernementales se seraient également emparées de véhicules blindés et de combat abandonnés par les milices lors de leur repli.
À l’heure actuelle, ni les FSR ni le SPLM-N n’ont publié de déclaration officielle reconnaissant ou commentant l’incident. Le manque de confirmation indépendante rend difficile la vérification complète des détails fournis par les sources militaires.
Des vidéos, diffusées sur les réseaux sociaux et prétendument filmées par des soldats de l’armée soudanaise, montrent des scènes de célébration et de liesse suite au repoussement de l’attaque. L’authenticité de ces vidéos n’a pu être vérifiée de manière indépendante, mais elles témoignent de la tension palpable et de l’importance stratégique de la région.
Kordofan : Un théâtre d’opérations en expansion
Ces affrontements s’inscrivent dans un contexte de conflit armé qui s’intensifie dans les trois États du Kordofan (Nord, Ouest et Sud). Les combats entre l’armée soudanaise et les FSR se sont multipliés au cours des dernières semaines, transformant la région en un véritable champ de bataille.
La situation sécuritaire précaire a déjà provoqué le déplacement de dizaines de milliers de civils, contraints de fuir leurs foyers pour échapper aux violences. Les besoins humanitaires dans la région sont croissants, et les organisations internationales peinent à acheminer l’aide nécessaire en raison de l’insécurité persistante.
Sur les 18 États que compte le Soudan, les FSR contrôlent actuellement les cinq États de la région du Darfour, à l’exception de certaines zones du nord du Darfour-Nord, qui restent sous contrôle militaire. L’armée soudanaise, de son côté, conserve le contrôle de la majorité des 13 autres États, situés au sud, au nord, à l’est et au centre du pays, y compris la capitale, Khartoum.
Conséquences humaines d’un conflit nationalisé
Le conflit entre l’armée soudanaise et les FSR, qui a éclaté en avril 2023, a déjà fait des milliers de morts et des millions de déplacés. La situation humanitaire est catastrophique, et les perspectives d’une résolution pacifique du conflit restent incertaines. La récente escalade des violences dans le Kordofan du Sud souligne la complexité et la volatilité de la situation au Soudan, où des alliances changeantes et des intérêts divergents alimentent un conflit aux conséquences dévastatrices pour la population civile.
