Les enquêtes se poursuivent et diverses mesures punitives sont imposées à l’armée soudanaise pour son utilisation d’armes chimiques contre les paramilitaires sous le commandement du général Hemeti. Ce week-end, les États-Unis ont annoncé la mise en place de sanctions contre cette armée impliquée dans l’emploi de telles armes.
Armes chimiques dans le conflit
La situation au Soudan a pris une tournure dramatique depuis avril 2023, avec une guerre qui a causé des pertes humaines considérables, notamment parmi les civils, et provoqué le déplacement de milliers de réfugiés. Les parties en conflit recourent à une large gamme d’armements, y compris des armes chimiques. En réaction à ces événements, les États-Unis ont décidé d’imposer des sanctions à l’armée soudanaise, lesquelles seront effectives dès ce week-end. Dans une note publiée vendredi, le département d’État a confirmé que ces sanctions seront en place pour une période minimale d’un an, bien que des exceptions soient faites pour l’aide humanitaire d’urgence et les denrées agricoles.

Des sources qui revèlent l’usage des armes chimiques
En janvier, le New York Times a rapporté, se basant sur quatre sources officielles américaines anonymes, que l’armée soudanaise aurait recouru à des armes chimiques à au moins deux reprises contre les paramilitaires des FSR. Ces actions, approuvées directement par le chef d’état-major de l’armée, le général Abdel Fattah Abdelrahman Al-Bourhane, impliqueraient un agent chimique, probablement du chlore, selon les informations fournies par le quotidien.
Les accusations tombent
En 2016, Amnesty International accusait déjà les forces armées d’avoir réalisé au moins 30 attaques chimiques dans le Darfour lors d’une opération contre les rebelles de l’Armée de libération du Soudan. Khartoum avait nié ces faits sans réserves. Amnesty avait demandé une enquête aux Nations Unies, mais rien n’a été fait. À noter que les relations entre les États-Unis et le Soudan, sous l’ancien président Omar Al-Bashir, étaient très compliquées. Suite à sa chute, un rapprochement s’est produit avant le déclenchement de la guerre des généraux qui sévit toujours au Soudan.
Ce que les Etats-Unis ont donné au Soudan
D’après le New York Times, en 2024, les États-Unis ont été le plus gros donateur au Soudan, contribuant à hauteur de 45 % des 1,8 milliard de dollars dédiés au plan humanitaire de l’ONU. En janvier, l’administration Trump a gelé la majeure partie des aides aux pays étrangers pour une période de quatre-vingt-dix jours, ne conservant que les programmes d’une importance vitale. Les exportations des États-Unis vers le Soudan ont totalisé 56,6 millions de dollars en 2024, selon le Bureau du recensement américain.
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