La République Démocratique du Congo, et plus particulièrement la ville de Matadi, capitale de la province du Kongo-Central, est le théâtre d’une lugubre recrudescence de la criminalité urbaine. Cette vague d’actes criminels, perpétrés par des bandes armées surnommées « Kuluna », plonge la population dans un climat de peur et d’incertitude. Les forces de l’ordre tentent de contenir cette spirale infernale à travers des opérations de sécurisation, mais le chemin vers la tranquillité semble long et semé d’embûches.
L’opération « Kumba Ki Mbiko »
Face à cette montée de la criminalité, les autorités locales ont lancé l’opération « Kumba Ki Mbiko », une initiative visant à démanteler les réseaux criminels et à rétablir l’ordre dans la ville. Cette opération, dirigée par le maire de Matadi, Dominique Nkodia Mbete, se veut une réponse ferme et déterminée à la menace grandissante que représentent les « Kuluna ». Cependant, son efficacité reste à prouver, tant le phénomène est profondément enraciné dans le tissu social de la ville.
Quatorze arrestations une goutte d’eau dans l’Océan de la criminalité
Dans le cadre de cette opération, la Police Nationale Congolaise (PNC) a procédé à l’arrestation de quatorze présumés criminels. Ces individus, présentés publiquement par la police, sont accusés d’appartenir à différentes bandes armées qui sévissent dans plusieurs quartiers de Matadi. Les charges retenues contre eux incluent des braquages, des vols de motos, et d’autres actes de violence. Si ces arrestations représentent un succès tactique pour les forces de l’ordre, elles ne suffisent pas à éradiquer le problème de la criminalité urbaine à Matadi.
Un passé sanglant, l’assassinat d’un commerçant et l’attaque d’un Député
Le réseau auquel appartiennent ces présumés criminels est soupçonné d’être impliqué dans des actes de violence particulièrement graves, notamment l’assassinat d’un commerçant en 2025 et l’attaque armée du domicile d’un député. Ces événements tragiques témoignent de l’audace et de la brutalité des « Kuluna », qui n’hésitent pas à s’en prendre à des personnalités publiques et à semer la terreur parmi la population.
Saisie d’armes et d’objets volés, un arsenal de la peur
Lors des interventions policières, les forces de l’ordre ont saisi un arsenal impressionnant : sept machettes, deux armes de calibre 12, des munitions, ainsi que de nombreux objets volés à des citoyens. Cette découverte met en lumière la dangerosité des « Kuluna », qui sont lourdement armés et prêts à utiliser la violence pour atteindre leurs objectifs.
L’appel à la justice pour lutte contre la Criminalité
Le commandant second chargé des opérations a souligné que la police avait accompli sa mission, mais a insisté sur le rôle crucial de la justice dans la lutte contre la criminalité. Il a appelé les magistrats à faire preuve de fermeté et à prononcer des peines exemplaires à l’encontre des criminels, afin de dissuader d’autres individus de suivre la même voie.
Le Maire salue l’engagement des forces de sécurité
Le maire de Matadi, Dominique Nkodia Mbete, a salué la vigilance et l’engagement des services de sécurité dans la protection de la population. Il a réaffirmé sa détermination à lutter contre la criminalité et à rétablir un climat de sécurité et de confiance dans la ville. Cependant, les défis à relever restent immenses, et nécessitent une approche globale et coordonnée.
Matadi une ville chargée d’histoire, confrontée à l’insécurité
Fondée en 1886, Matadi est une ville portuaire d’une importance stratégique pour la République Démocratique du Congo. Située sur la rive gauche du fleuve Congo, à mi-chemin entre l’océan Atlantique et Kinshasa, elle abrite une population d’environ 448 000 habitants. Malheureusement, cette ville chargée d’histoire est aujourd’hui confrontée à un avenir incertain, marqué par la violence et l’insécurité.
L’éradication durable de l’insécurité, Objectif difficile
L’éradication durable de l’insécurité et du phénomène « Kuluna » à Matadi représente un défi majeur pour les autorités locales et nationales. Pour y parvenir, il est nécessaire de s’attaquer aux causes profondes de la criminalité, telles que la pauvreté, le chômage, le manque d’éducation, et l’impunité.
Malgré le sombre tableau qui se dresse, une lueur d’espoir persiste. La détermination des forces de l’ordre, l’engagement des autorités locales, et la volonté de la population de se mobiliser contre la criminalité sont autant d’éléments qui permettent d’espérer un avenir meilleur pour Matadi.
