L’enfant est recruté dans les groupes armés au Nigeria. Ce pays plongé au cœur d’une crise humanitaire profonde, figure désormais parmi les pays les plus affectés par le recrutement d’enfants soldats. Ce phénomène tragique, comparable aux situations observées en République démocratique du Congo, en Somalie, en Syrie et au Myanmar, expose des milliers d’enfants à des atrocités indicibles, compromettant ainsi l’avenir de tout un pays.
Une alerte onusienne poignante
La Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour les enfants et les conflits armés, Vanessa Frazier, a souligné avec une vive inquiétude l’ampleur du recrutement d’enfants, le qualifiant de violation des droits humains parmi les plus répandues et les plus destructrices. En 2024, plus de 7 400 enfants ont été recrutés ou utilisés par des forces et groupes armés, un chiffre alarmant qui ne représente qu’une fraction de la réalité. Des progrès ont été accomplis grâce à la libération de plus de 220 000 enfants au cours des trente dernières années.
L’effroyable rapport de l’ONU
Le rapport du Secrétaire général des Nations Unies S/2024/559 révèle l’impact dévastateur des conflits armés sur l’enfance au Nigéria. En 2022 et 2023, l’équipe spéciale de pays a confirmé le recrutement et l’utilisation de 821 enfants âgés de 6 à 17 ans, avec une disparité importante entre les sexes : 303 garçons et 518 filles. Cette surreprésentation des filles témoigne de leur vulnérabilité accrue face aux exactions des groupes armés.
Les principaux responsables identifiés
Le rapport de l’ONU pointe du doigt les principaux responsables de ces crimes. Jamaatou Ahl es-Sunna lid-Daawaati wal-Jihad est identifié comme le principal acteur, responsable de 628 cas de recrutement et d’utilisation d’enfants. La « Province d’Afrique de l’Ouest de l’État islamique » suit avec 187 cas. Bien que marginale, l’implication des forces de sécurité nigérianes et de la Force civile mixte dans quelques cas demeure préoccupante.
Exploitation, violence, terreur au quotidien
Le rapport de l’ONU décrit les différentes formes d’exploitation auxquelles sont soumis les enfants recrutés. L’exploitation sexuelle est la plus courante (438 cas), suivie de l’utilisation pour des tâches auxiliaires (338 cas) et au combat (50 cas). Ces pratiques témoignent du mépris total des groupes armés pour les droits et la dignité des enfants.
