La justice française évalue à 160 millions d’euros la valeur de l’uranium extrait au Niger. Une enquête est en cours concernant la possible destination de cet uranium, issu du gisement exploité précédemment par le groupe français Orano (anciennement AREVA).
1 000 tonnes d’uranium concernés
Selon des informations relayées par France info, le parquet de Paris a initié une investigation pour « vol en bande organisée dans le but de servir les intérêts d’une puissance étrangère », suite à la disparition de 1 000 tonnes d’uranium civil sur le site d’Arlit, au Niger.
Ce site était antérieurement exploité par le groupe Orano, avant d’être exproprié par les nouvelles autorités nigériennes, consécutivement à la prise de pouvoir du 26 juillet 2023. Un décret présidentiel signé par le général Abdourhamane Tiani, au nom du « droit légitime du pays à exploiter ses richesses », a conduit à la nationalisation des gisements. Les enquêteurs envisagent que cet uranium, d’une valeur estimée à 160 millions d’euros, ait pu être transféré vers la Russie.
Le Togo serait le point de transit
Les investigations menées, impliquant potentiellement les services de renseignement français, suggèrent que l’uranium civil disparu aurait transité par le Togo, en passant par le Burkina Faso, à travers des zones potentiellement contrôlées par des groupes affiliés à Al-Qaïda. C’est dans ce contexte que le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « vol en bande organisée dans le but de servir les intérêts d’une puissance étrangère ».
Cette situation suscite des interrogations et des réactions au sein des capitales africaines francophones, notamment quant à la légitimité de l’implication de Paris dans la gestion des ressources nigériennes et de leurs potentiels accords commerciaux avec d’autres partenaires. Les « soupçons de vol en bande organisée » exprimés par Paris alimentent les discussions et suscitent des réactions.
