N’Djaména | Répression salariale des enseignants grévistes

La ville de N’Djaména est plongée dans une atmosphère sombre et désolée, une situation marquée par la grève persistante des enseignants et la suspension de leurs salaires pour le mois de février, une décision unilatérale du gouvernement tchadien. Cette situation exacerbe les tensions et plonge la communauté éducative dans un désarroi profond.

Le Gouvernement suspend les salaires, allumant un brasier de colère

Abdelkadre Djibia, figure emblématique du Syndicat des Enseignants du Tchad (SET), section de N’Djaména, a exprimé avec une tristesse palpable lors d’une conférence de presse, la consternation et l’indignation de ses collègues face à cette mesure punitive. Il perçoit cette action comme une tentative flagrante d’intimidation, visant à étouffer la légitime revendication des enseignants pour l’application intégrale du décret 2850, garant de leur statut et de leurs droits. Djibia a dénoncé avec véhémence l’attitude du gouvernement, la qualifiant d’affront et de rupture du dialogue social. Il a souligné l’incompatibilité de telles pratiques avec les principes démocratiques et les droits fondamentaux des travailleurs. La suspension des salaires, perçue comme une arme de dissuasion, ne fait qu’attiser le mécontentement et radicaliser la position des enseignants, déjà éprouvés par des conditions de travail précaires et des salaires insuffisants.

Le secrétaire général du SET a rappelé avec gravité que le droit de grève est un droit fondamental, inscrit dans la Constitution tchadienne et garanti par les conventions internationales du travail. Il a rejeté catégoriquement l’invocation de la loi 032 par le ministre de l’Éducation nationale pour justifier la suspension des salaires, qualifiant cette loi de vestige d’un passé autoritaire et incompatible avec les valeurs démocratiques prônées par le Tchad. Cette référence à une législation obsolète témoigne, selon lui, d’une volonté du gouvernement de museler la contestation et de réprimer toute forme de dissidence. Elle ravive les souvenirs douloureux d’une époque où la liberté d’expression était bafouée et où les droits des travailleurs étaient systématiquement ignorés.

Deux poids, deux mesures une discrimination inacceptable

Djibia a dénoncé avec amertume la discrimination dont sont victimes les enseignants, soulignant que d’autres corps de métier ayant observé des mouvements de grève n’ont pas subi de sanctions salariales similaires. Cette disparité de traitement révèle, selon lui, un manque de sincérité du gouvernement dans les négociations entamées avec les syndicats et une volonté délibérée de fragiliser le dialogue social, pourtant essentiel à la stabilité du pays. Cette injustice flagrante nourrit un sentiment d’abandon et de marginalisation chez les enseignants, qui se sentent méprisés et dévalorisés par un gouvernement qui ne reconnaît pas leur rôle crucial dans l’éducation de la jeunesse tchadienne.

Un appel solennel à l’unité, un espoir fragile

Face à cette situation critique, le SET appelle les enseignants à l’unité et à la solidarité. Abdelkadre Djibia a insisté sur le fait que les fruits de cette lutte bénéficieront à tous les enseignants, sans exception, et a lancé un appel vibrant à la mobilisation. Il exhorte les enseignants de N’Djaména à rester unis, sereins et déterminés, en attendant de nouvelles orientations syndicales. Malgré la tristesse et le désespoir ambiants, un mince espoir subsiste : celui de voir le gouvernement revenir à la raison et engager un dialogue constructif avec les syndicats, dans le respect des droits et des revendications des enseignants.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *