Bilan Tragique : Une évaluation officielle inédite. L’Iran a rendu public un bilan officiel faisant état de 3 117 décès survenus dans le contexte des manifestations qui ont secoué le pays, déclenchées par des difficultés économiques persistantes. Cette annonce, émanant d’un communiqué conjoint de la Fondation iranienne des martyrs et des anciens combattants et de l’Institut de médecine légale, offre un aperçu détaillé des pertes humaines enregistrées lors de ces événements tumultueux. Ce chiffre inclut des membres des forces de sécurité, des civils et des manifestant·es.
Attaques terroristes : un facteur majeur de mortalité
Selon les données officielles, une part significative des décès, soit 2 427 victimes, serait imputable à des « groupes terroristes armés ». Le communiqué précise que ces personnes, qualifiées de « martyres », comprennent à la fois des membres des forces de sécurité et des civil·es, soulignant la complexité et la diversité des victimes de ces violences. La Fondation iranienne des martyrs et des anciens combattants insiste sur le fait que la majorité des personnes décédées étaient des passant·es, victimes collatérales d' »attaques armées et d’actes terroristes », ainsi que des manifestant·es pris pour cible par des éléments considérés comme terroristes au sein des rassemblements.
Chronologie des événements : Genèse et expansion des protestations
Les manifestations, qui ont débuté le 28 décembre 2025 au Grand Bazar de Téhéran, ont été initialement déclenchées par la grogne des commerçant·es face à la dépréciation marquée de la monnaie nationale et aux difficultés économiques croissantes. Ce mouvement de contestation s’est rapidement étendu à de nombreuses villes à travers le pays, reflétant un mécontentement généralisé face à la situation économique et sociale.
Réponse des autorités : Restrictions d’accès à Internet et arrestations
Face à l’ampleur des manifestations et aux violences qui ont éclaté, notamment dans la capitale Téhéran les 8 et 9 janvier, les autorités iraniennes ont mis en place des restrictions d’accès à Internet. Bien que l’accès au réseau ait été progressivement rétabli après la fin des troubles, cette mesure témoigne de la volonté du gouvernement de contrôler l’information et de limiter la propagation des protestations. Par ailleurs, les autorités ont annoncé l’arrestation de plus de 3 000 personnes, présentées comme appartenant à des organisations terroristes ou accusées d’avoir provoqué les troubles.
Les autorités iraniennes n’avaient jusqu’à présent pas communiqué de chiffre global concernant les morts et les blessés des violences liées aux manifestations. Elles avaient toutefois annoncé que plus de 3.700 membres des forces de sécurité avaient été blessés et que 3.000 personnes, présentées comme appartenant à des organisations terroristes ou accusées d’avoir provoqué les troubles, avaient été interpellées.
Le bilan serait beaucoup plus lourd
Selon l’Agence américaine Iran Human Rights Activists (HRANA), le bilan s’élèverait à 4 519 morts. Elle affirme avoir confirmé davantage de cas et continue de mettre à jour ses bilans. Selon le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, des personnes « liées à Israël et aux États-Unis » avaient causé d’importants dégâts et « tué plusieurs milliers de personnes » lors des manifestations.
