Ces dernières semaines, le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans a mené des attaques récurrentes ciblant les camions citernes qui approvisionnent la capitale Bamako ainsi que les grandes villes du pays, la plus récente ayant eu lieu le samedi 6 décembre 2025.
La capitale, bien que partiellement ravitaillée, continue de subir des attaques incessantes de camions citernes depuis novembre dernier. Ce samedi, au moins 15 camions citernes ont été attaqués et incendiés près de Bougouni, dans le sud du Mali, alors qu’ils se dirigeaient vers la capitale. Des vidéos montrant les camions en flammes ont été partagées sur les réseaux sociaux, et des sources contactées par Le Monde ont corroboré cette information ainsi que l’authenticité des images.

Les revendications du GSIM
L’attaque revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) n’affecte pas, pour le moment, l’amélioration perçue par les habitants de Bamako. Alors qu’au début de novembre, la ville se trouvait dans une situation critique, privée de carburant et d’électricité à cause d’un blocus imposé par le groupe djihadiste lié à Al-Qaida, la capitale malienne a réussi à rétablir ses approvisionnements, d’abord à la fin novembre, puis le 3 décembre.
Les escortes militaires
Les négociations ?
L’arrivée de plusieurs convois soulève la question d’une possible négociation informelle entre la junte et le groupe terroriste. Néanmoins, les camions-citernes qui se dirigent vers la capitale ainsi que d’autres villes de l’intérieur sont toujours escortés par des forces militaires. Dans un communiqué daté du 4 décembre, le centre de coordination et de gestion des crises a exprimé « la détermination des forces de défense et de sécurité ».

Dans la soirée du 3 décembre, un nouvel approvisionnement a pu être réalisé alors que des files d’attente commençaient à se former. Trois cents camions citernes sont entrés à Bamako, tandis que la région de Mopti a bénéficié d’un approvisionnement d’environ soixante camions. Des images circulant sur les réseaux sociaux ont montré des scènes de célébration dans cette localité, située à environ 630 kilomètres au nord-est de la capitale.
Les autotirités maintiennent par tous les moyens le Mali
Selon les estimations, seul un nombre compris entre 200 et 300 citernes, alors qu’il y en avait près de 1 200 par semaine avant le blocus, parviennent actuellement à rejoindre Bamako chaque semaine. Ce retour, bien que fragile, vers une certaine normalité, a également permis d’améliorer la distribution d’électricité. À Bamako, l’accès à l’électricité est désormais d’environ vingt heures par jour, contre seulement six heures auparavant.
