Madagascar | le général Richard Ravalomanana proche de l’ancien président devant la justice

L’étau se resserre autour du général malgache, Richard Ravalomanana, figure emblématique de la scène politique de Madagascar. Après sa destitution de la présidence du Sénat, puis son éviction du poste de sénateur suite à une décision contestée de la Haute Cour Constitutionnelle (HCC), l’ancien officier supérieur a été arrêté le 27 decembre 2025 à son domicile. Il se retrouve désormais au centre d’une enquête pour atteinte à la sûreté de l’État. Une affaire qui braque les projecteurs sur les tensions persistantes au sein du pays et sur les méthodes employées par le pouvoir de l’ancien Président André Rajoelina. L’officier avait opposé un refus de se rendre à une convocation de la Gendarmerie de la capitale Antananarivo.

Des accusations nébuleuses et une convocation controversée

Une convocation émanant de la gendarmerie nationale, largement relayée sur les réseaux sociaux, a mis le feu aux poudres. Le document enjoignait le général Ravalomanana à se présenter au camp Toby Richard Ratsimandrava pour y être entendu par les enquêteurs. L’objet précis de cette convocation est resté flou, alimentant les spéculations et les rumeurs. L’ancien président du Sénat n’a pas daigné répondre à l’invitation, invoquant un manque de clarté quant aux accusations portées contre lui et dénonçant une procédure qu’il juge irrégulière.

La réaction des autorités ne s’est pas fait attendre. Un important dispositif sécuritaire avaiot été déployé autour de la résidence du général Ravalomanana à Ambatovinaky. Selon les dires de l’intéressé, les forces de l’ordre auraient tenté de l’interpeller, sans succès. Des éléments de sécurité seraient restés positionnés aux alentours, témoignant de la détermination des autorités à localiser et appréhender l’ancien sénateur. Une véritable opération de traque semble avoir été lancée.

Le général Ravalomanana, pour sa part, clame son innocence. Il dénonce un acharnement politique et réclame des éclaircissements sur l’origine de la plainte ainsi que sur les éléments à charge. Il admet cependant que des échanges tendus ont eu lieu lors de l’intervention des forces de l’ordre à son domicile, évoquant une situation de confrontation qui aurait conduit au repli des gendarmes. Une version contestée par les autorités.

Un contexte politique explosif

Cette affaire intervient dans un contexte politique et sécuritaire déjà extrêmement fragile. Madagascar est secouée et exacerbées par la crise économique et les accusations de dérives autoritaires. La récente apparition du général Ravalomanana lors d’un rassemblement religieux, alors qu’il était censé se trouver à l’étranger, a ravivé les interrogations et les suspicions.

Le spectre des événements du 25 septembre

L’ombre des événements du 25 septembre plane également sur cette affaire. Le général Ravalomanana est pointé du doigt comme étant le donneur d’ordre présumé de la répression des manifestants qui avaient pris d’assaut les rues de la capitale pour contester la politique du gouvernement de  Rajoelina. Des manifestations qui avaient conduit, selon certains observateurs, à la chute du président Andry Rajoelina. Ces événements tragiques, qui ont fait plusieurs victimes, dont des personnes tuées par les forces de l’ordre, ont laissé des cicatrices profondes dans le pays. On se souvient notamment du samedi 11 octobre, jour où les militaires du CAPSAT, dirigés par le colonel Michaël Randrianirina, entrés en scène pour se ranger du côté des manifestants.

A ce stade, le silence des autorités judiciaires et sécuritaires entretient l’incertitude autour de la procédure en cours. 

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