Liberté de la presse | L’emprisonnement des Journalistes persiste dans le monde

Tendance Globale  de la liberté de la presse dans le monde | Un recul nuancé. Le nombre de professionnel·les des médias incarcéré·es à travers le monde en raison de l’exercice de leurs fonctions s’élevait à 330 au 1er décembre 2025, selon les conclusions d’une étude rigoureuse menée par le Comité pour la protection des journalistes (CPJ). Bien que ce chiffre représente une diminution par rapport aux 384 cas recensés à la fin de l’année 2024, il demeure néanmoins l’un des totaux les plus préoccupants enregistrés depuis le début du suivi systématique de cette problématique par l’organisation en 1992. Cette situation souligne la persistance de menaces significatives à l’encontre de la liberté de la presse à l’échelle internationale.

Dépassement du seuil critique des 300 détentions

Ce rapport alarmant indique que le seuil symbolique des 300 journalistes incarcérés est une fois de plus dépassé. Cette situation constitue le troisième total le plus élevé jamais constaté par l’ONG américaine, et ce, dans un contexte mondial préoccupant marqué par une prolifération de conflits armés et une tendance au renforcement des régimes autoritaires. Ces facteurs conjugués contribuent à un climat de plus en plus hostile envers les professionnel·les de l’information.

Chine, Birmanie et Israël : les principaux pays incriminés

Au 1er décembre 2025, la Chine se distinguait comme le pays détenant le plus grand nombre de journalistes, avec un total de 50 incarcérations, dont sept concernaient des professionnel·les basé·es à Hong Kong. La Birmanie suivait de près avec 30 journalistes emprisonné·es, tandis qu’Israël détenait 29 journalistes palestinien·nes. La Russie se positionnait également parmi les principaux pays incriminés avec 27 journalistes incarcéré·es, dont deux sur cinq étaient de nationalité ukrainienne. Le Belarus et l’Azerbaïdjan complétaient cette liste préoccupante avec respectivement 25 et 24 journalistes emprisonné·es.

Allégations de tortures et de violences : un constat alarmant

Le rapport du CPJ met en lumière des allégations troublantes de mauvais traitements infligés aux journalistes incarcéré·es. Près d’un·e journaliste détenu·e sur cinq a dénoncé des actes de torture et des violences physiques subies en détention. Par ailleurs, il est préoccupant de constater que près de la moitié des journalistes incarcéré·es n’avaient pas encore été formellement condamné·es au moment de la publication du rapport. Parmi les professionnel·les ayant fait l’objet d’une condamnation, plus d’un tiers purgeaient des peines d’emprisonnement supérieures à cinq ans.

Asie : épicentre de la répression journalistique

En 2025, l’Asie demeurait la région du monde où le nombre de journalistes emprisonné·es était le plus élevé, avec un total de 110 cas recensés, représentant environ un tiers du total mondial. Outre la Chine et la Birmanie, le Vietnam détenait au moins seize journalistes. Le Bangladesh en comptait quatre, l’Inde entre deux et trois selon les cas documentés, et les Philippines un seul, détenu sans condamnation depuis près de six ans. Ces chiffres témoignent d’un climat particulièrement répressif envers la liberté de la presse dans cette région du globe.

Libérations et soutien continu aux journalistes

Le rapport du CPJ indique que 116 journalistes ont été libéré·es au cours de l’année 2025. L’organisation souligne son engagement à fournir un soutien juridique, médical et psychologique aux journalistes détenu·es et récemment libéré·es. Le CPJ précise également que la majorité des journalistes emprisonné·es couvraient des sujets politiques sensibles, ce qui suggère une volonté délibérée de museler les voix critiques et de restreindre l’accès à l’information.

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