L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) réaffirme son engagement envers l’éradication de la lèpre, une maladie curable mais toujours source de stigmatisation et d’exclusion sociale. À l’occasion de la Journée mondiale de la lèpre, l’OMS met en lumière la nécessité d’un accès équitable aux traitements comme pilier central de cette stratégie.
Une réalité mondiale préoccupante
La lèpre, causée par la bactérie Mycobacterium leprae, affecte principalement la peau, les nerfs périphériques et les voies respiratoires supérieures. En l’absence de traitement, elle peut entraîner des handicaps permanents et des déformations physiques. Bien que la polychimiothérapie (PCT) permette une guérison complète, la stigmatisation associée à la maladie dissuade encore de nombreuses personnes de se faire dépister et traiter, en particulier dans les régions les plus reculées.
Progrès et défis
Malgré des avancées notables, la lèpre demeure un problème de santé publique dans plusieurs régions du monde. Sur les 188 pays ayant transmis leurs données à l’OMS, 55 ont rapporté zéro cas en 2024. Cependant, l’OMS a recensé près de 173 000 nouveaux cas dans le monde au cours de la même année, témoignant de la persistance de la transmission.
L’Afrique particulièrement touchée
L’Afrique représente environ 10 % des nouveaux cas de lèpre, derrière l’Asie du Sud-Est et les Amériques. Des pays comme la République démocratique du Congo (RDC), Madagascar, le Nigeria, l’Éthiopie et la Côte d’Ivoire demeurent des foyers actifs de la maladie. En Côte d’Ivoire, 584 nouveaux cas ont été enregistrés en 2024, dont un quart présentaient déjà des séquelles au moment du diagnostic, selon les informations relayées par Le Petit Journal.
L’engagement de l’OMS et de Novartis
Depuis les années 2000, l’OMS collabore avec le laboratoire pharmaceutique Novartis pour assurer la distribution gratuite de la PCT et de la clofazimine à toutes les personnes atteintes de lèpre. Ce partenariat, considéré comme l’un des plus durables en matière de santé mondiale, se poursuit jusqu’en 2030, soulignant l’engagement à long terme dans la lutte contre la lèpre.
Dépistage précoce, traitement efficace et lutte contre la stigmatisation
L’OMS continue de plaider pour un dépistage précoce de la lèpre, un accès universel à un traitement de qualité et des campagnes de sensibilisation visant à combattre la stigmatisation et la discrimination. Ces actions combinées sont essentielles pour atteindre l’objectif d’une élimination durable de la lèpre et améliorer la qualité de vie des personnes touchées.
