M. Alassane Diallo, ministre malien de l’Industrie et du Commerce
Le Mali franchit un cap décisif pour la souveraineté de ses ressources minérales avec la mise en place d’une gouvernance renforcée. Un conseil des Conseil des ministres malien passé peut-être inaperçu pour de nombreux médias, mais le 18 mars 2026, l’exécutif malien a validé les textes fondateurs de l’Office malien des substances précieuses (OMSP).
Il est porté par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Alassane Diallo, ce projet législatif redéfinit les contours institutionnels du secteur. Cette dynamique structurelle vise à transformer durablement la gestion des richesses souterraines, en instaurant un cadre opérationnel plus rigoureux et transparent pour l’ensemble des acteurs impliqués dans l’extraction et la commercialisation des métaux.
Un secteur stratégique vital
Le secteur aurifère constitue, sans conteste, le poumon économique du Mali, générant des revenus essentiels pour le développement national. En 2022, la production globale a atteint le seuil impressionnant de plus de 72,000 tonnes, dont une part importante provient de l’orpaillage artisanal et des petites exploitations. Ces activités fournissent non seulement des devises étrangères cruciales, mais soutiennent également l’emploi direct et indirect de milliers de citoyens. Toutefois, cette richesse nécessitait une meilleure intégration dans les circuits formels afin de maximiser les retombées fiscales et d’assurer une traçabilité exemplaire sur le marché mondial.
Moderniser le pilotage institutionnel
L’Office malien des substances précieuses (OMSP) s’impose désormais comme l’institution centrale chargée de réguler le commerce des métaux précieux avec une efficacité accrue. Cette nouvelle structure n’est pas seulement un organe de contrôle ; elle ambitionne de centraliser et de sécuriser les flux aurifères, souvent exposés aux risques de l’informalité.
En harmonisant ses pratiques avec le nouveau Code minier de 2023 et les dispositions sur le contenu local, l’État malien impose une vision souveraine. La création de cet office permet d’aligner les intérêts des exploitants artisanaux avec les impératifs de développement économique national, tout en favorisant un climat d’investissement plus stable et prévisible.
Transparence et développement durable
Au-delà de la simple régulation, cet office incarne une ambition de transparence indispensable pour attirer les partenaires techniques et financiers. L’enjeu consiste à capter la valeur ajoutée sur le territoire malien en limitant les fuites de capitaux. En encadrant strictement la commercialisation, le gouvernement protège les intérêts des orpailleurs tout en garantissant que les bénéfices des ressources naturelles contribuent réellement à la transformation industrielle. Cette réforme s’inscrit dans une volonté affirmée de transformer le Mali en un acteur majeur, responsable et souverain, du marché minier international.
Réformer pour mieux valoriser
L’adoption de ces nouveaux textes marque ainsi le début d’une ère de professionnalisation indispensable. Le Mali, riche de son sous-sol, se dote des outils nécessaires pour transformer ses ressources en leviers de croissance durable. Par cet effort de structuration, le pays renforce son attractivité tout en protégeant son patrimoine contre les irrégularités. Désormais, l’OMSP sera le pivot central de cette stratégie ambitieuse, garantissant une gestion optimisée de l’or, pilier incontournable de la prospérité économique malienne pour les décennies à venir.










