Le Burkina Faso, confronté à des défis sécuritaires et humanitaires persistants, anticipel’ année 2026. Le gouvernement a rendu public un Plan National de Réponse Humanitaire (PNRH) d’une ampleur exceptionnelle, une démarche visant à circonscrire une crise qui menace le pays. L’annonce, faite du ministère de la Famille et de la Solidarité, révèle une réalité implacable : plus de 4,4 millions de Burkinabè auront besoin d’une aide indispensable pour assurer leur survie.
Un dispositif budgétaire colossal
Le PNRH 2026, dont le coût global est estimé à 769,8 milliards de FCFA (soit environ 1,4 milliard de dollars), témoigne de l’ampleur des besoins. Son objectif primordial est de fournir une assistance coordonnée, avec un accent particulier sur la sécurité alimentaire, dans ce pays où l’insécurité entrave l’accès aux terres cultivables et perturbe les flux commerciaux. Le ministre de la Famille et de la Solidarité, le Lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré, a souligné la complexité de la situation, décrivant un panorama désolant des différentes catégories de personnes vulnérables.
Populations déplacées, réfugiées, abandonnées
Au sein de ces 4,4 millions personnes en difficultés, l’on recense environ 2,2 millions de personnes hôtes, des communautés déjà fragilisées qui accueillent avec une générosité souvent mise à rude épreuve les personnes déplacées. Près de 1,2 million de Burkinabè ont été contraints d’abandonner leurs foyers, fuyant les violences et l’insécurité, grossissant les rangs des déplacés internes, condamnés à vivre dans des conditions précaires, loin de leurs terres et de leurs moyens de subsistance. À cette tragédie humaine s’ajoutent plus de 902.042 personnes retournées, tentant de reconstruire une vie brisée dans des villages souvent dévastés, et 41.979 réfugiés, en quête d’un refuge dans un pays lui-même en proie à la tourmente.
Priorités sectorielles
Face à cette crise multidimensionnelle, le PNRH 2026 a défini des priorités sectorielles claires, des piliers essentiels pour tenter de répondre aux besoins les plus urgents. La sécurité alimentaire et la nutrition figurent en tête de liste, suivies de près par la santé, un enjeu majeur au Burkina Faso. La protection des populations vulnérables, en particulier les femmes et les enfants, constitue également une priorité absolue du gouvernement, tout comme l’accès à l’eau, à l’hygiène et à l’assainissement, des conditions élémentaires pour prévenir les maladies et maintenir une dignité humaine minimale. L’éducation en situation d’urgence est également prise en compte, afin de ne pas sacrifier l’avenir des jeunes générations.
Appel à la solidarité internationale
Maurice Azonnankpo, coordonnateur résident par intérim des Nations Unies au Burkina Faso et coordonnateur humanitaire, a salué les efforts du gouvernement burkinabè, soulignant son « leadership remarquable » dans la réponse à la crise que vit le Pays. Il a également promis la mobilisation de la communauté humanitaire, avec un objectif de collecte de 658,5 millions de dollars, afin d’apporter une assistance d’urgence à 2,7 millions de personnes. Un engagement bienvenu, mais qui ne suffira sans doute pas à combler l’ensemble des besoins des populations.
Une volonté politique, un horizon incertain
L’élaboration des référentiels et leur mise en œuvre témoignent d’une volonté politique forte et d’une vision stratégique claire. Cependant, l’efficacité de ces mesures dépendra de la capacité à surmonter les obstacles logistiques, sécuritaires et financiers qui persistent.
