La Russie durcit le ton et accuse la France. Le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, a formulé des accusations graves à l’encontre de la France, l’accusant de mener des actions subversives en Afrique. Ces allégations, relayées par l’Agence d’Information du Burkina Faso (AIB) et l’agence de presse TASS, ont rapidement enflammé les relations diplomatiques déjà tendues entre les deux pays.
Accusations d’ingérence généralisées
Selon les propos rapportés par l’AIB, Sergueï Lavrov a affirmé que la France, en tant qu’ancienne puissance coloniale, s’efforcerait activement de renverser les gouvernements africains qui ne partagent pas ses vues. Ces gouvernements, désireux de s’éloigner de l’influence de l’ancienne métropole, seraient la cible d’une stratégie de déstabilisation orchestrée par Paris.
Soutien à des groupes armés
Le chef de la diplomatie russe a dénoncé le recours supposé de la France à des groupes terroristes et à des combattants ukrainiens pour mener à bien ses opérations de déstabilisation. Il a souligné que Paris ne se contenterait pas de soutenir l’opposition interne dans les pays africains, mais qu’elle s’appuierait également sur des acteurs armés non étatiques pour atteindre ses objectifs.
Diviser pour mieux régner toujours
Lavrov a exprimé son regret face à la persistance des « élites françaises » à employer des méthodes qu’il qualifie de « coloniales », en particulier le principe du « diviser pour mieux régner ». Il a souligné les conséquences désastreuses de cette approche, qui aurait coûté la vie à des millions d’Africains.
La France rejette fermement ces accusations
Les accusations portées par la Russie ne sont pas nouvelles et ont déjà été réfutées par la France à plusieurs reprises. Le représentant permanent de la France auprès des Nations Unies, Jérôme Bonnafont, avait déclaré en décembre 2025 au Conseil de sécurité de l’ONU que la France condamnait toute tentative de prise de pouvoir par la force et qu’elle soutenait les efforts de médiation déployés par l’Union Africaine et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest.
Mercenaires neutralisés à Niamey
En janvier dernier, suite à une attaque contre l’aéroport de Niamey, plusieurs mercenaires ont été neutralisés. Cet événement a suscité de vives tensions et a exacerbé les accusations de déstabilisation portées contre la France et certains dirigeants africains.
Tiani accuse des présidents africains et Francais
Le Président nigérien avait nommément accusé Emmanuel Macron, Patrice Talon et Alassane Ouattara d’être responsables de la déstabilisation de son pays. Ces accusations, qui ont suscité une onde de choc au sein de la communauté panafricaine, ont été accueillies avec prudence par les experts en matière de sécurité.
Crédibilité des dirigeants en jeu. Ces experts estiment que si les accusations de Tiani s’avéraient fondées et que l’implication des présidents mentionnés était prouvée, leur crédibilité serait gravement compromise. Ils soulignent que la France aurait plus à gagner en signant des accords de coopération qu’en soutenant des organisations hostiles aux gouvernements en place.
Vers une nouvelle stratégie française ?
Les événements ces derniers en Afrique et les accusations portées par la Russie pourraient inciter la France à reconsidérer sa stratégie en Afrique. Une approche privilégiant les accords de coopération mutuellement avantageux et le respect de la souveraineté des États africains pourrait s’avérer plus efficace et durable que les interventions jugées déstabilisatrices sur le continent africain.
