Le 4 décembre 2025, à Washington, Kigali et Kinshasa signent un accord de paix historique sous la pression des États-Unis, déclare le président Donald Trump. Néanmoins, cet accord reste fragile, les parties prenantes se méfiant les unes des autres.
La fin du conflit ?
Pour mettre fin aux conflits entre les deux présidents, Paul Kagame du Rwanda et Félix Tshisekedi de la RDC, le président américain a exercé des pressions afin de rétablir la paix entre ces pays voisins.

Après la séquence médiatique tenue à l’Institut des États-Unis pour la paix – qui a été opportunément rebaptisé « Institut Donald Trump pour la paix » la veille – il reste encore beaucoup à faire. Comme l’a souligné le président du Burundi, Evariste Ndayishimiye, présent en tant que grand témoin aux côtés de son homologue kenyan, William Ruto, et du président de l’Union africaine, l’Angolais Joao Lourenço, « s’engager sur un plan de paix est une chose, le mettre en œuvre en est une autre ».
Un cessez-le-feu envisageable entre la RDC et le Rwanda
Selon Donald Trump, pour résoudre un conflit qui cause des pertes humaines tragiques dans l’est de la RDC depuis plus de trente ans, il envisage un cessez-le-feu permanent, un programme de désarmement, le retour des personnes déplacées et des mesures de justice pour les responsables des atrocités. Cela a nécessité la pleine mobilisation des États-Unis et l’engagement direct de Trump depuis son retour à la Maison Blanche en janvier. Paul Kagame a souligné qu’il y avait eu de nombreux échecs auparavant, mais a reconnu l’effort particulier des États-Unis pour faire avancer cette initiative. Massad Boulos, son conseiller pour l’Afrique, a commencé à travailler sur ce dossier après sa nomination en avril, multipliant les visites dans la région, qui n’attire pas souvent l’attention médiatique.
Mesures défensives aux frontières

Paul Kagame affirme avoir uniquement adopté des « mesures défensives » à sa frontière, visant à protéger son pays contre les incursions d’un mouvement rebelle hutu, les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR). Selon Yolande Makolo, porte-parole du gouvernement rwandais, la présence d’anciens génocidaires au Congo, qui menacent de poursuivre leurs actes meurtriers commencés en 1994, constitue le principal enjeu sécuritaire pour le Rwanda. Cette année-là, le pays a subi un génocide tragique, avec l’extermination de 800 000 Tutsi en seulement cent jours, orchestrée par le régime extrémiste hutu au pouvoir à Kigali.
Sur le terrain, les hostilités continuent.
Sur le terrain, les affrontements continuent et même s’intensifient ces derniers jours, mettant en lumière la fragilité des engagements pris. L’accord-cadre signé le 15 novembre entre l’AFC-M23 et le gouvernement congolais, médié par le Qatar et désormais intégré à celui de Washington, stipulait un nouvel arrêt des hostilités. Cependant, selon les rebelles, ces accords sont dépourvus de valeur. « L’accord de Doha est une supercherie mutuelle, un marchand de faux diamants devant être rémunéré en fausses devises ! », déclare Corneille Nangaa, coordonnateur de l’AFC-M23. « Nous avons simplement convenu des points sur lesquels nous sommes en désaccord. »
