Le spectre d’une Guinée autrefois vibrante, aujourd’hui engluée dans une transition post-coup d’État, plane sur l’annonce de la tenue des élections législatives et communales. Le décret présidentiel, tombé tel un couperet, fixe la date du 24 mai 2026 pour ce scrutin. Une date qui, loin d’annoncer une aube nouvelle, semble prolonger l’agonie d’un pays en quête de repères.
Un décret présidentiel Scelle l’avenir électoral
Le 20 février, le Président de la Transition, Mamadi Doumbouya, a apposé sa signature au bas d’un décret diffusé par la Radio Télévision Guinéenne (RTG), officialisant ainsi le calendrier électoral. Cette action, présentée comme une étape cruciale dans le processus de transition, a des relents amers pour ceux qui aspirent à une véritable rupture avec le passé. La Direction Générale des Élections (DGE), acteur central de ce processus, se voit confier une tâche colossale : organiser et superviser un scrutin dont l’issue est déjà empreinte d’incertitude.
La DGE, dirigera le scrutin
La DGE, sous la tutelle du ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, est chargée de piloter les préparatifs techniques et logistiques des élections. Cette institution, dont l’indépendance est régulièrement remise en question, se retrouve au cœur d’un enjeu majeur : garantir la transparence et la crédibilité du processus électoral. Les défis sont immenses, allant de la mise à jour des listes électorales à la formation du personnel électoral, en passant par la sécurisation des bureaux de vote.
Un scrutin double, un enjeu double
La tenue simultanée des élections législatives et communales complexifie davantage l’équation. Il s’agit non seulement d’élire les futurs députés à l’Assemblée Nationale, mais également de désigner les conseillers communaux qui administreront les collectivités locales. Ce double scrutin représente un défi logistique considérable, mais aussi un enjeu politique majeur. Le contrôle des communes, véritables baromètres de l’opinion publique, est essentiel pour asseoir une légitimité politique durable.
Implication ministérielle : une coordination complexe
L’organisation de ces élections mobilise une multitude d’acteurs gouvernementaux. Outre le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, les ministères des Affaires Étrangères, de la Justice, de la Sécurité, de la Défense, de l’Économie et des Finances sont également impliqués. Cette coordination interministérielle, indispensable au bon déroulement du scrutin, soulève des questions quant à la répartition des responsabilités et à la fluidité de la communication entre les différentes entités.
L’ONASUR, Garant de la Sécurité Électorale
L’Organe National de Sécurisation des Élections (ONASUR), structure étatique dédiée à la sécurisation des processus électoraux, joue un rôle important dans ce contexte. Sa mission consiste à assurer la sécurité des électeurs, des candidats, des matériels électoraux et des bureaux de vote. L’ONASUR, souvent critiqué pour son manque d’indépendance et son recours excessif à la force, devra faire preuve de neutralité et de professionnalisme pour garantir la sérénité du scrutin.
Les Instructions présidentielles : un appel à la diligence
Le chef de l’État a instruit la DGE, le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, ainsi que l’ensemble des structures concernées, de prendre toutes les dispositions nécessaires pour garantir le bon déroulement du scrutin. Ces instructions, formulées dans un contexte de défiance généralisée envers les institutions, sonnent comme un rappel à l’ordre. La question demeure de savoir si ces injonctions seront suivies d’effets concrets et si elles suffiront à restaurer la confiance des citoyens dans le processus électoral.
Un retour à l’Ordre constitutionnel teinté de pessimisme
L’annonce de ces élections, présentée comme une étape décisive vers le retour à l’ordre constitutionnel, laisse un goût amer. La Guinée, meurtrie par des années de dictature et de transition chaotique, aspire à un avenir meilleur. Cependant, le chemin vers la démocratie semble semé d’embûches. La tenue de ces élections ne suffira pas à effacer les profondes divisions qui minent la société guinéenne. Seul un dialogue sincère et inclusif entre toutes les forces vives du pays permettra de construire un avenir de paix et de prospérité.
L’Écho d’une nation en deuil
Dans les rues de Conakry, le bruit des moteurs se mêle aux murmures de désespoir. Les visages sont graves, marqués par la fatigue et l’incertitude. La promesse d’un avenir meilleur résonne comme une mélodie lointaine, étouffée par le poids du passé. La Guinée, autrefois était comme un symbole d’espoir pour l’Afrique.
