
Le commandant Aboubacar « Toumba » Diakité a rendu son dernier souffle à Conakry, clôturant ainsi un chapitre sombre et complexe de l’histoire judiciaire guinéenne. Ce 25 mars 2026, l’administration pénitentiaire a confirmé officiellement le décès de l’ancien officier au sein de l’Hôpital Militaire du Camp Samory Touré. Transféré en urgence depuis la maison d’arrêt de Coyah après un malaise critique survenu le 23 mars, l’homme n’a pas survécu à une péritonite aiguë généralisée. Cette pathologie, provoquée par une hernie étranglée, a mis fin à une détention marquée par une santé déjà fragile, comme l’attestaient plusieurs rapports médicaux alertant sur ses troubles abdominaux persistants.
Une fin de parcours tragique
L’analyse chronologique des événements révèle une dégradation rapide de son état clinique. Dès le 4 mars 2026, des spécialistes du CHU Ignace Deen avaient diagnostiqué une tuméfaction épigastrique et une constipation chronique, nécessitant une surveillance accrue. Malgré cette prise en charge, la situation a basculé dans la nuit du 23 mars, forçant une évacuation immédiate. Le décès, prononcé le 25 mars à 4h35, plonge désormais les autorités dans l’obligation de transmettre un rapport complet aux juridictions compétentes, garantissant ainsi la transparence totale sur les circonstances entourant cette disparition en milieu carcéral.
Un passé militaire très tumultueux
La trajectoire de Toumba Diakité s’inscrit dans les soubresauts politiques de la Guinée. Né en 1968, fils d’un colonel influent, il intègre l’université avant de s’allier au capitaine Moussa Dadis Camara. Son ascension fulgurante au sein des « Bérets rouges » le propulse au cœur du pouvoir après le coup d’État de 2008. Toutefois, l’histoire bascule lors du massacre du 28 septembre 2009. Accusé de crimes contre l’humanité, il retourne ses armes contre le président Dadis Camara le 3 décembre de la même année, avant de s’exiler. Ce geste, perçu comme une tentative de rupture avec un système dont il était l’un des piliers, a marqué le début d’une longue traque internationale.
Justice face à son destin
Extradé et condamné pour son rôle dans la tragédie du stade, Diakité a passé ses dernières années à purger sa peine dans un contexte de haute surveillance. Son décès survient alors que la Guinée tentait de panser ses plaies par un procès historique. Si la justice humaine s’éteint pour le commandant, le débat sur sa responsabilité, ses révélations contre ses anciens alliés et son impact sur la transition politique guinéenne demeure gravé dans la mémoire nationale.








