Le Ghana est au cœur d’une polémique nationale. Un manuel scolaire destiné aux lycées, spécifiquement aux classes de seconde en éducation physique et santé (optionnel), a été retiré en raison d’une section consacrée à la définition de l’identité de genre. Cette décision, émanant du gouvernement d’Accra, met en lumière des tensions profondes entre les valeurs culturelles traditionnelles et l’évolution des conceptions sociétales. Le gouvernement justifie sa décision en arguant que les passages incriminés ne sont pas conformes à la culture, aux normes et aux valeurs ghanéennes, et qu’ils donnent l’impression d’introduire un « agenda LGBTQ » au sein du système éducatif ghanéen. En substance, le gouvernement considère que ce contenu entre en conflit direct avec les valeurs nationales du pays.
Le NaCCA se défend : un curriculum national exempt de contenu LGBTQ
Face à la controverse grandissante, le Conseil national pour les programmes et l’évaluation (NaCCA), l’organisme responsable de la supervision des programmes scolaires, a tenu à clarifier sa position. Le NaCCA insiste sur le fait que le curriculum officiel du Ghana ne contient aucun contenu LGBTQ. L’organisme précise que seuls certains manuels d’accompagnement, utilisés par les enseignants, posaient problème en abordant des thématiques liées à l’identité de genre. Cette clarification n’a cependant pas suffi à apaiser les tensions. Le syndicat des enseignants NAGRAT a dénoncé une tentative de « détruire l’identité culturelle » du Ghana. Selon le syndicat, le maintien de tels contenus dans les manuels scolaires politiserait fortement la question de l’identité au sein du système éducatif. L’opposition parlementaire, quant à elle, réclame la mise à l’écart de la direction du NaCCA pour manquement à sa responsabilité de contrôle, soulignant que l’école est en train de devenir un champ de bataille idéologique autour des valeurs, des droits et de l’identité.
Un nouveau manuel basé sur les valeurs nationales
Le Conseil national pour les programmes et l’évaluation (NaCCA), en collaboration étroite avec le ministère de l’Éducation, a réagi en retirant et en remplaçant le manuel incriminé. Cette décision fait suite à l’inquiétude exprimée par le public concernant la définition de l’identité de genre présente dans le guide facultatif destiné aux enseignants d’éducation physique et de santé. Le NaCCA a réaffirmé avec force que le contenu litigieux n’a jamais fait partie du programme national obligatoire. Le manuel a été retiré car il « ne reflétait pas la culture, les normes et les valeurs ghanéennes ».
Le Gouvernement se dédouane
Le gouvernement a tenu à souligner qu’il n’a aucune intention de promouvoir ou d’introduire du contenu LGBTQ à quelque niveau d’enseignement que ce soit au Ghana. Un manuel révisé, fondé sur les valeurs nationales et une compréhension biologique, a été publié. Toutes les copies imprimées de l’ancienne version ont été rappelées. Cette décision s’inscrit dans la continuité de la position plus large du gouvernement ghanéen sur les questions LGBTQ. Par le passé, le président John Mahama s’était engagé à signer une législation anti-LGBTQ qui imposerait des sanctions plus strictes pour les relations homosexuelles et la promotion des activités LGBTQ.
