Ghana–Togo | le différend maritime porté en arbitrage international

Le Ghana, confronté à une impasse persistante dans les négociations bilatérales avec le Togo concernant la délimitation de leur frontière maritime, a officiellement annoncé son recours à l’arbitrage international. Cette décision, notifiée au gouvernement togolais, marque un tournant décisif dans la gestion de ce différend sensible qui oppose les deux nations depuis huit longues années. La procédure d’arbitrage sera menée en vertu de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM), un cadre juridique international reconnu et respecté en matière de délimitation maritime.

Huit années de dialogue stérile : un constat d’échec

Depuis 2016, Accra et Lomé ont multiplié les rencontres et mis en place des commissions mixtes dans l’espoir de parvenir à un accord amiable sur la question frontalière. Malgré ces efforts diplomatiques soutenus, les discussions n’ont pas permis de surmonter les divergences fondamentales qui persistent entre les deux pays. Le gouvernement ghanéen, exprimant sa profonde déception face à cet échec, a souligné avoir épuisé toutes les voies de résolution bilatérale. L’annonce de l’arbitrage international témoigne ainsi d’une résignation empreinte de tristesse face à l’incapacité des deux nations à trouver un terrain d’entente.

Le Golfe de Guinée : un enjeu de ressources et de souveraineté

Au cœur de ce différend se trouve la délimitation des zones maritimes dans le golfe de Guinée, une région riche en ressources naturelles et stratégiquement importante pour les deux pays. La délimitation précise de la frontière maritime est cruciale pour déterminer les droits d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures, des ressources halieutiques et autres richesses potentielles présentes dans cette zone. L’enjeu est donc à la fois économique et lié à la souveraineté des deux États, ce qui explique la sensibilité et la complexité des négociations. L’accès à ces ressources est vital pour le développement économique des deux pays, mais la perspective d’un partage inéquitable alimente les tensions et les craintes.

La CNUDM : un cadre juridique pour régler les différends maritimes

La Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM) offre un cadre juridique internationalement reconnu pour la délimitation des frontières maritimes et la résolution des différends liés aux zones maritimes. Elle prévoit des mécanismes d’arbitrage et de règlement judiciaire auxquels les États parties peuvent recourir en cas de désaccord. Le Ghana, en invoquant la CNUDM, démontre sa volonté de résoudre le différend avec le Togo dans le respect du droit international et des principes d’équité. L’espoir est que la procédure d’arbitrage permettra d’établir une frontière maritime claire et précise, qui tienne compte des intérêts légitimes des deux parties et favorise une coopération pacifique dans la région.

L’ombre d’un conflit potentiel : un risque à écarter

Sans une résolution rapide et équitable du différend frontalier, le risque d’une escalade des tensions entre le Ghana et le Togo ne peut être écarté. La compétition pour l’accès aux ressources maritimes, combinée à des perceptions de favoritisme ou d’injustice, pourrait alimenter des sentiments de frustration et de méfiance. Le recours à l’arbitrage international apparaît donc comme une mesure de prudence, visant à prévenir une détérioration de la situation et à garantir la stabilité régionale. La tristesse qui imprègne cette situation est palpable, car elle révèle une incapacité à résoudre les problèmes par le dialogue et la coopération.

Un précédent encourageant l’arbitrage Ghana-Côte d’Ivoire

Le Ghana n’en est pas à son premier recours à l’arbitrage international pour régler un différend frontalier maritime. Entre 2010 et 2017, le pays a été impliqué dans un litige similaire avec la Côte d’Ivoire. Cette affaire a été portée devant le Tribunal international du droit de la mer (TIDM), qui a rendu sa décision en septembre 2017. La résolution pacifique de ce différend a démontré l’efficacité de l’arbitrage international comme moyen de régler les conflits maritimes de manière juste et équitable. L’espoir est que l’expérience acquise lors de cet arbitrage puisse servir de modèle pour la résolution du différend avec le Togo.

Espoirs déçus, avenir incertain : un sentiment de résignation

La décision du Ghana de recourir à l’arbitrage international marque la fin d’une ère d’espoir et de tentatives de résolution bilatérale. Après huit années de discussions infructueuses, le sentiment de tristesse et de résignation est palpable. L’avenir de la coopération maritime entre le Ghana et le Togo dépendra de la manière dont la procédure d’arbitrage sera menée et de la volonté des deux parties de respecter la décision finale. Il reste à espérer que ce processus permettra de tourner la page de ce différend et d’ouvrir une nouvelle ère de relations pacifiques et constructives.Une Frontière Définie par le Droit International, Gage de Paix Durable

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *