France | Un professeur d’université de mathématiques appliquées accusé d’espionnage pour la Chine

A Bordeaux en France, l’ombre de l’espionnage plane sur le campus bordelais. Un professeur d’université, spécialisé en mathématiques appliquées, se retrouve au cœur d’une affaire des plus délicates. Inculpé le 16 décembre dernier, il est soupçonné d’avoir agi dans l’intérêt de la Chine, selon des informations confirmées par la justice française, et initialement révélées par des médias spécialisés.

Accusations graves de trahison scientifique ?

L’enseignant-chercheur de l’Institut d’ingénierie et de mécanique de Bordeaux (I2M), rattaché à l’Institut polytechnique de Bordeaux, fait face à des accusations lourdes : « Livraison d’information à une puissance étrangère », « intelligence avec une puissance étrangère » et, plus étonnamment, « complicité d’intrusion dans un local ou terrain clos intéressant la défense nationale ». Des chefs d’accusation qui, s’ils étaient avérés, pourraient lui valoir de longues années de prison et de lourdes amendes.

Les faits reprochés sont précis et troublants. Le parquet de Paris soupçonne le professeur d’avoir sciemment facilité l’accès à des zones sensibles de l’institut à des membres d’une délégation chinoise. Des zones dont la sensibilité avait été clairement signalée comme « très importante ». Une brèche dans la sécurité qui a immédiatement alerté les autorités.

Zone à régime restrictif, un rempart fragilisé

L’I2M de Bordeaux est un établissement stratégique. Depuis 2019, une partie de ses locaux est classée en « zone à régime restrictif », une mesure de protection destinée à préserver des savoir-faire scientifiques et techniques jugés cruciaux pour la nation. L’intrusion orchestrée par le professeur aurait donc mis en péril des informations sensibles, potentiellement exploitables par une puissance étrangère.

Bien que mis en examen, le professeur a été laissé libre sous contrôle judiciaire. Son avocat, Me Gérard Danglade, se refuse pour l’instant à tout commentaire, préférant réserver ses déclarations à la phase d’instruction. Une instruction qui s’annonce longue et complexe.

Les dessous d’une affaire sensible

L’enquête, ouverte en janvier 2024 par la section protection des libertés fondamentales du parquet de Paris, a été déclenchée par un signalement du SGDSN (Secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale). Un « rapport d’incident de la défense nationale » lié à l’université de Bordeaux avait mis la puce à l’oreille des services de renseignement.

Depuis, une information judiciaire est en cours, sous la direction d’un juge d’instruction. Des auditions ont été menées, des perquisitions ont eu lieu en février 2025, et les enquêteurs s’efforcent de reconstituer le fil des événements et de déterminer l’étendue des compromissions. L’affaire soulève des questions importantes sur la sécurité des établissements de recherche français et la protection de leurs actifs stratégiques face aux convoitises étrangères. Ce cas est-il isolé, ou révèle-t-il une menace plus large pesant sur la recherche scientifique française ? Seule l’enquête permettra de le déterminer.

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