L’absence d’adoption de la loi de finances pour l’exercice 2026 suscite de vives inquiétudes quant à la mise en œuvre de la réforme substantielle de la formation des enseignants. Cette réforme, qui prévoit le déplacement du concours de recrutement des professeurs des écoles, des collèges et des lycées au niveau bac + 3, suivi d’un cursus de master professionnalisant rémunéré sur deux années, se trouve fragilisée par le blocage parlementaire.
Dans le cadre de la phase transitoire initialement prévue, l’année 2026 devait être marquée par l’organisation simultanée de deux concours distincts, l’un accessible aux titulaires d’une licence et l’autre aux détenteurs d’un master. Cependant, l’adoption d’une loi spéciale, en lieu et place de la loi de finances initiale, compromet la possibilité d’introduire les nouvelles dispositions budgétaires nécessaires à la mise en œuvre du concours de recrutement à bac + 3, auquel se sont inscrits près de 90 000 candidats.
Si la loi spéciale permettrait, en théorie, le maintien du concours à bac + 5 dans des conditions similaires aux sessions précédentes, elle ne garantit pas le financement et l’organisation du nouveau concours à bac + 3. Cette incertitude budgétaire engendre une situation préoccupante pour les futurs candidats, les institutions de formation, et l’ensemble de la communauté éducative.
Le président du réseau des INSPE déplore l’impact potentiel de cette situation sur le calendrier des concours, soulignant l’investissement des étudiants et des équipes pédagogiques dans la préparation de ces épreuves. La secrétaire générale du SNES-FSU met en exergue le poids de ce contexte politique sur le secteur de l’éducation et s’interroge sur la durée acceptable de cette période d’attente budgétaire.
Par ailleurs, la préparation de la rentrée scolaire est également impactée par cette absence de visibilité financière. Le projet de loi de finances initial prévoyait la suppression de 4 000 postes d’enseignants titulaires, une mesure justifiée par la démographie scolaire. Cette perspective, initialement revue à la hausse par certains parlementaires, contribue à un climat d’incertitude et d’inquiétude au sein du corps enseignant.
