À l’approche des élections générales prévues ce vendredi, l’Ouganda est confronté à une perturbation numérique majeure. La Uganda Communications Commission (UCC), l’autorité de régulation des télécommunications du pays, a décrété une suspension temporaire de l’accès public à Internet et de certains services mobiles, une mesure drastique justifiée par des considérations impératives de sécurité en cette période électorale sensible.
La directive de l’UCC, entrée en vigueur mardi à 18h00, cible précisément l’accès public à Internet, la commercialisation et l’enregistrement de cartes SIM, ainsi que l’itinérance des données à l’étranger. Nyombi Thembo, directeur exécutif de l’UCC, a déclaré dans un communiqué officiel que cette décision faisait suite à une « recommandation forte du Comité inter-agences de sécurité », soulignant ainsi la gravité de la situation aux yeux des autorités gouvernementales.
Exceptions sectorielles et contrôle strict des services essentiels.
Afin d’assurer la continuité des services jugés indispensables, des exceptions notables ont été mises en place. Les secteurs de la santé, des banques et des services gouvernementaux sont exemptés de cette suspension généralisée. Les systèmes de santé des hôpitaux nationaux de référence, les réseaux bancaires centraux, les systèmes de transfert et de compensation interbancaires, les distributeurs automatiques de billets (DAB), les plateformes de paiement gouvernementales, les systèmes de vérification des électeurs de la commission électorale, les plateformes de gestion des services publics, ainsi que les réseaux de contrôle du transport et de l’aviation, resteront opérationnels, mais soumis à une surveillance rigoureuse.
Motifs de sécurité invoqués pour justifier la coupure d’Internet.
La suspension, selon l’UCC, s’applique à l’ensemble du trafic Internet public, y compris les réseaux sociaux, la navigation web, le streaming vidéo, les services de messagerie et les courriels personnels. Elle englobe divers types de connectivité, notamment l’Internet mobile, la fibre optique et les lignes louées. Les outils de supervision et de gestion des réseaux, tels que les centres d’opérations réseau (NOC), les diagnostics de routage et la surveillance de la bande passante, resteront également accessibles, mais uniquement au personnel autorisé et via des mécanismes sécurisés et préalablement approuvés.
Conséquences sévères pour les opérateurs en cas de non-respect des directives.
L’UCC a également ordonné aux opérateurs de désactiver les services VPN mobiles et a mis en garde contre toute tentative de contournement de la suspension. Les fournisseurs sont tenus de transmettre à l’UCC des registres détaillés des systèmes et comptes autorisés, de maintenir des journaux d’audit rigoureux et de signaler toute difficulté technique ou manquement dans un délai maximal de 30 minutes. Le non-respect de ces instructions exposera les opérateurs à des sanctions sévères, allant d’amendes substantielles à la suspension de leur licence d’exploitation.
Cette décision survient alors que l’Ouganda s’apprête à élire son prochain président et ses membres du Parlement. Huit candidats sont en lice pour la présidence, parmi lesquels le chef de l’État sortant, Yoweri Museveni, du Mouvement de résistance nationale (NRM), et son principal opposant, Robert Kyagulanyi Ssentamu, leader de la Plateforme de l’unité nationale (NUP). Les bureaux de vote seront ouverts de 7h00 à 16h00 heure locale, et environ 21,6 millions d’électeurs sont attendus aux urnes.
