Côte d’Ivoire | Offensive nationale contre le cancer du col de l’utérus

La Côte d’Ivoire intensifie sa lutte contre le cancer du col de l’utérus (CCU) avec le lancement de « Janvier Sarcelle », une initiative gouvernementale ambitieuse visant à éradiquer cette maladie d’ici 2030. Cette campagne d’envergure, lancée le 21 janvier à Treichville, marque un tournant décisif dans la politique de santé publique ivoirienne et témoigne d’un engagement ferme à protéger la santé des femmes.

« Janvier Sarcelle » : Un mois dédié à la sensibilisation et à la prévention

L’initiative « Janvier Sarcelle » se veut un catalyseur pour une prise de conscience collective. Le gouvernement ivoirien, conscient de l’urgence de la situation, a choisi de faire de ce mois un moment privilégié pour sensibiliser la population aux enjeux du CCU. L’objectif est clair : informer, éduquer et encourager les femmes à se faire dépister régulièrement. Pour Bernard Ehui, conseiller technique représentant le ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle, cette première édition marque un jalon essentiel, soulignant la volonté politique du pays d’inscrire durablement cette lutte dans les esprits. Il insiste sur le fait que « Janvier Sarcelle » doit incarner la prévention, la mobilisation, l’espoir et la vie.

Un plan d’action ambitieux pour une éradication à l’horizon 2030

L’ambition du gouvernement est de réduire l’incidence du CCU de 26 pour 100 000 à moins de 4 pour 100 000 d’ici 2030. Pour atteindre cet objectif ambitieux, une stratégie multidimensionnelle a été mise en place. Elle repose sur plusieurs piliers essentiels : la vaccination des jeunes filles contre le papillomavirus humain (HPV), le dépistage régulier des femmes âgées de 30 à 49 ans, le traitement efficace des lésions précancéreuses et une prise en charge optimale des cancers invasifs, y compris les soins palliatifs. Selon les estimations, ce plan nécessitera un investissement global de 28,92 milliards de FCFA. Le gouvernement ivoirien mise également sur la collaboration avec des partenaires internationaux tels que l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Unitaid et la Coalition de la lutte contre les cancers (Colcc) pour mener à bien cette mission. L’implication de ces acteurs clés permettra de renforcer les capacités du système de santé ivoirien et de garantir l’accès à des soins de qualité pour toutes.

Le CCU : un défi de santé publique mondial et une priorité en Côte d’Ivoire

Le cancer du col de l’utérus représente un enjeu majeur de santé publique à l’échelle mondiale, comme le rappelle Ambroise Ané, représentant de l’OMS. Il s’agit du quatrième cancer le plus fréquent chez les femmes, touchant particulièrement les plus jeunes. Le CCU est causé par une infection persistante au papillomavirus humain (HPV), un virus sexuellement transmissible. Les facteurs de risque incluent une activité sexuelle précoce, des partenaires multiples, l’exposition à d’autres infections sexuellement transmissibles, le tabagisme, l’utilisation chronique de corticostéroïdes et le VIH-Sida.

Face à ce fléau, la Côte d’Ivoire se mobilise avec détermination. L’initiative « Janvier Sarcelle » et le plan d’action qui l’accompagne témoignent de l’engagement du gouvernement à protéger la santé des femmes et à éradiquer le cancer du col de l’utérus d’ici 2030.

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