Côte d’Ivoire | le parquet requiert 5 ans de prison contre un député malien

L’atmosphère est électrique dans les couloirs du tribunal d’Abidjan, où le député malien Mamadou Hawa Gassama est au cœur d’une tempête politico-judiciaire. Accusé d’outrage au chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara, il a vu le procureur requérir une peine de cinq ans de prison ferme, assortie d’une amende de 500 000 francs CFA. Une sentence lourde, qui plane comme une épée de Damoclès sur le parlementaire, dont le sort sera scellé le 30 janvier prochain. L’affaire, qui a débuté par des propos tenus en septembre 2022, a franchi un nouveau cap avec son arrestation à l’aéroport d’Abidjan en juillet dernier.

Des accusations explosives

Les accusations portées contre Mamadou Hawa Gassama sont d’une gravité insigne. Les autorités ivoiriennes lui reprochent d’avoir tenu des propos jugés outrageants envers le Président Ouattara, lors d’une interview accordée à un média malien. Des propos acerbes, dans lesquels il aurait qualifié le chef de l’État ivoirien d' »ennemi du Mali ». Une étiquette incendiaire, que la justice ivoirienne considère comme une atteinte inacceptable, venant d’un représentant du peuple. Le procureur de la République a martelé que toute attaque contre les institutions ivoiriennes serait impitoyablement sanctionnée, transformant ce procès en un symbole de la fermeté de l’État.

L’heure des plaidoyers

Le 9 janvier, lors d’une audience tendue, la défense a tenté de désamorcer la crise. Me Mamadou Ismaïla Konaté, avocat du député, a révélé que son client avait adressé une lettre d’excuses au Président Ouattara, un geste de contrition réitéré devant le tribunal. Il a plaidé pour la clémence, arguant que ces excuses sincères méritaient d’être prises en compte. Cependant, le procureur est resté inflexible, requérant la peine maximale pour les délits d’offense et d’outrage, refusant de céder à toute forme de clémence.

Liberté d’expression en question en Afrique de l’Ouest

Au-delà du cas individuel de Mamadou Hawa Gassama, cette affaire soulève des questions fondamentales sur la liberté d’opinion et la liberté de la presse dans la région. La poursuite engagée contre le député malien met en lumière les limites de la critique envers les figures politiques, et interroge sur le rôle des médias dans la diffusion de propos potentiellement incendiaires. Le verdict attendu le 30 janvier prochain aura des implications qui dépasseront largement le sort du parlementaire, et pourraient redéfinir les contours du débat public en Côte d’Ivoire et au-delà.

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