Cameroun | crise dans les universités du pays

Un vent de contestation souffle sur les campus camerounais. L’enseignement supérieur est au bord de l’implosion, secoué par un mouvement de grève d’une ampleur inédite. À l’origine de cette mobilisation massive : le Syndicat National des Enseignants du Supérieur (SYNES), fer de lance d’une profession exaspérée par des années de promesses non tenues et d’engagements bafoués.

Les amphithéâtres, autrefois vibrants d’échanges et de savoir, se sont transformés en coquilles vides. Le silence assourdissant des salles de cours désertées témoigne de la profondeur du malaise qui ronge le corps professoral. Dix jours de cessation d’activités, une décision radicale, mais assumée, pour alerter les pouvoirs publics sur une situation jugée intolérable.

Au cœur du bras de fer : des arriérés de salaires colossaux, accumulés sur plus de deux décennies (2000-2021). Une dette abyssale, qualifiée d’injustice flagrante par le SYNES, qui dénonce un mépris inacceptable envers ceux qui consacrent leur vie à la formation des générations futures. L’accumulation de ces impayés, qui s’est accélérée depuis 2022, étouffe financièrement les institutions universitaires et mine le moral des enseignants.

L’amertume est d’autant plus vive que la saga de l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche s’éternise. Promesse d’un investissement massif dans l’innovation et le développement scientifique, cette allocation s’est transformée en un véritable serpent de mer, laissant une grande majorité des enseignants sur le carreau. Près de 80% d’entre eux attendent encore la troisième tranche, tandis que la quatrième est déjà réclamée.

Face à cette conjoncture explosive, le SYNES a décrété la mobilisation générale. Un appel à la grève illimitée, assorti d’un mot d’ordre clair et précis : arrêt total de toutes les activités pédagogiques et administratives. Une seule exception a été ménagée : les jurys de thèse, considérés comme des sanctuaires du savoir et de la recherche doctorale.

Cette grève, qui s’apparente à un véritable cri d’alarme, révèle une crise systémique, profondément enracinée dans le modèle de financement de l’enseignement supérieur camerounais. Un bras de fer est désormais engagé entre le SYNES et les autorités gouvernementales. L’enjeu est de taille : l’avenir même de l’université camerounaise, son rôle de moteur de développement et de pôle d’excellence scientifique.

L’issue de ce conflit déterminera si l’université camerounaise restera un phare de la connaissance, capable d’éclairer l’avenir du pays, ou si elle sombrera dans une spirale de déclin et de précarité. L’heure est à la vigilance, à la négociation et à la recherche de solutions durables. Le compte à rebours est enclenché. L’avenir de l’enseignement supérieur camerounais se joue maintenant.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *