Au Burkina Faso, plus précisément à Titao, ville meurtrie de la province du Louroum, au nord du Faso , l’écho sinistre des armes à feu résonne encore dans les esprits des populations de cette localité du pays. Ce week-end, la cité a été le théâtre d’une tentative d’assaut coordonné par des groupes terroristes, une épreuve qui a plongé la population dans l’angoisse et ravivé les plaies béantes d’un conflit qui s’enlise. Le colonel Abdoul Aziz Ouédraogo, porte-parole des Forces armées du Faso, a annoncé dimanche soir que les assaillants avaient été « neutralisés », un terme froid et clinique pour masquer la réalité brutale des combats.
Une attaque coordonnée, un déroulement prévisible
Les événements se sont déroulés avec une implacable logique. Samedi, des groupes de terroristes ont lancé des attaques simultanées sur plusieurs fronts. Un premier groupe a ciblé le camp militaire de Titao, cherchant à s’emparer d’armes et de munitions, une ressource vitale pour alimenter leur funeste entreprise. Un autre groupe s’est acharné sur les infrastructures de la ville, cherchant à paralyser son fonctionnement et à semer la terreur parmi ses habitants.
L’Armée affirme avoir repoussé l’assaut
Selon le colonel Ouédraogo, les forces armées ont réagi avec vigueur, infligeant une « lourde défaite » aux assaillants. Des « dizaines de terroristes » auraient été « neutralisés », un bilan macabre qui témoigne de la violence des affrontements. Le porte-parole a assuré que la situation était désormais sous contrôle à Titao, mais ses paroles peinent à dissiper le sentiment d’insécurité qui ronge la population.
Un bilan macabre et des questions
Si l’armée a réussi à repousser l’attaque, le prix à payer n’est pas disponible. Toutefois la population de Titao est traumatisée. Combien de civils ont-il été blessés ou tués ? Combien de familles ont été déplacées ? Ces questions restent sans réponses les données exactes ne nous ont pas été transmises.
L’attaque de Titao s’inscrit dans un contexte de recrudescence des violences terroristes au Burkina Faso. Selon le bilan des opérations antiterroristes du mois de février, diffusé par la télévision nationale, des « centaines de terroristes » ont été « neutralisés », des « dizaines de bases » détruites et un « important arsenal de guerre » récupéré. Mais malgré ces succès revendiqués, la menace terroriste persiste, se déplaçant d’une région à l’autre, frappant des cibles de plus en plus vulnérables.
Une population prise au piège
La population du nord du Burkina Faso est prise au piège d’un conflit qui la dépasse. Entre les groupes terroristes et les forces armées, les civils sont les premières victimes de cette guerre sans fin. Ils vivent dans la peur constante des attaques, des enlèvements, des exactions de toutes sortes. Chaque jour, des familles pleurent leurs morts, des villages sont abandonnés, des rêves sont brisés. La menace terroriste ronge le pays de l’intérieur, sapant ses fondations mais les autorités avec à leur tête le Capitaine Ibrahim Traoré, restent debout malgré les attaques incessantes. La population, l’armée sont appelées à continuer à lutter, à espérer, à construire un avenir meilleur pour le Burkina Faso.
