Burkina Faso | Arrestation et extradition express de Paul-Henri Sandaogo Damiba à Ouagadougou

Moins de deux semaines après les accusations formelles émanant de Ouagadougou, les autorités togolaises ont opéré une extradition spectaculaire de l’ancien président de transition burkinabè, le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba, vers le sol burkinabè. Cette décision, confirmée par un communiqué officiel du gouvernement togolais, met fin à un bref exil et marque une nouvelle étape potentiellement explosive dans le contexte politique tourmenté du Burkina Faso. Damiba est désormais confronté à des accusations de complot visant à assassiner le capitaine Ibrahim Traoré, actuel chef de l’État, et de graves malversations financières.

Une extradition motivée par une demande judiciaire et des garanties

L’extradition de Paul-Henri Damiba fait suite à une demande formelle transmise par les autorités judiciaires burkinabè le 12 janvier 2026. Cette requête, intervenue dans la foulée des révélations publiques concernant une tentative de déstabilisation du régime Traoré, s’appuie sur un faisceau d’accusations graves.

Détournements et blanchiment financier attribué à Damiba

L’ancien chef d’État est visé par une enquête portant sur des infractions financières massives, incluant le détournement de deniers publics, l’enrichissement illicite, des actes de corruption, l’incitation à la commission de délits et crimes, le recel aggravé et le blanchiment de capitaux. Le gouvernement burkinabè a rassemblé un dossier conséquent qu’il a transmis aux autorités togolaises afin de justifier l’extradition.

Coopération judiciaire Togo-Burkina la réponse rapide et affirmée

La célérité avec laquelle les autorités togolaises ont répondu à la demande burkinabè témoigne d’une volonté de coopération judiciaire entre les deux pays. Le gouvernement togolais a pris soin de souligner que l’extradition a été effectuée en conformité avec les instruments juridiques internationaux et sur la base des garanties offertes par le Burkina Faso quant au respect des droits fondamentaux de l’accusé.

Complot d’assassinat et implications régionales

Les révélations concernant le complot présumé d’assassinat du capitaine Traoré ont jeté une lumière crue sur les tensions politiques persistantes au Burkina Faso. Le 6 janvier 2026, le ministre de la Sécurité, Mahamoudou Sana, avait dévoilé l’existence d’une opération de déstabilisation déjouée de justesse dans le pays.

Les accusations explosives du Ministre Sana

Selon les autorités burkinabè, le plan consistait en l’assassinat du président Ibrahim Traoré, soit par une attaque directe, soit par la destruction de sa résidence. Le complot incluait également la neutralisation de la base de drones du pays, et l’assassinat du patron de la base des drones et une intervention militaire terrestre menée par des forces extérieures. Damiba a été désigné comme le cerveau de ce complot, accusé d’avoir orchestré la conception, la planification, le financement et le recrutement des participants.

Des financements étrangers suspects : la Côte d’Ivoire mise en cause

Les allégations du ministre Sana concernant l’origine du financement du complot ont déclenché une onde de choc dans la région. Il a affirmé qu’une part importante des fonds provenait de Côte d’Ivoire, évoquant une transaction récente de 70 millions de francs CFA. Ces accusations, bien que non étayées par des preuves concrètes, risquent d’envenimer les relations diplomatiques déjà tendues entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire du Président Alassane Ouattara.

Tentatives de déstabilisation et radiations de l’Armée

Ce n’est pas la première fois que le nom de l’ancien président Damiba est associé à des tentatives de déstabilisation du régime en place à Ouagadougou. En septembre 2024, le ministre Sana avait déjà annoncé le démantèlement d’un réseau impliquant Paul-Henri Sandaogo Damiba. Par ailleurs, le président Ibrahim Traoré avait radié M. Damiba des Forces armées burkinabè en octobre 2024, invoquant une « faute particulièrement grave ».

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