Bongor | après la mort de Frida, la ville bascule dans la violence

La ville de Bongor, chef-lieu de la province du Mayo Kebbi-Est,  située à 235 kilomètres au Sud N’Djaména la capitale, a été le théâtre d’une manifestation violence qui a fait un mort par balle, après la découverte macabre près de l’École Normale Supérieure  du corps d’une jeune fille située à la sortie sud de la ville de Bongor. La ville était plongée dans un chaos indescriptible.

Au cœur de cette tourmente, la découverte macabre, aux premières heures du jour, du corps inanimé d’une jeune femme identifiée nommée Frida. Son corps gisait derrière l’École Normale Supérieure (ENS), portant les stigmates d’une violence extrême. La présence d’un téléphone Android à ses côtés n’offrait qu’un maigre indice dans cette énigme tragique.

Les premiers examens du corps ont révélé des traces d’étranglement, il s’agirait d’un acte qui pourrait être prémédité et brutal. Les témoignages recueillis sur les lieux ont rapidement orienté les enquêteurs vers la piste d’un assassinat, plongeant la communauté locale dans l’effroi et l’incompréhension. L’innocence volée d’une jeune femme est une blessure ouverte dans le cœur de Bongor.

Les proches, amis de la victimes sont descendus dans les rues pour demander justice, réagissant avec une célérité inhabituelle, les forces de l’ordre ont rapidement procédé à l’interpellation d’un suspect qui  aurait passé aux aveux, reconnaissant son implication dans le meurtre de Frida. Cette confession, loin d’apaiser la douleur, a exacerbé la colère. L’annonce de l’arrestation du suspect le nommé Djiko, détenteur de bar, et de pharmacie, et d’un auberge, a agi comme un détonateur. L’indignation des proches de Frida, alimentée par un chagrin immense et une soif de justice, a rapidement dégénéré en une explosion de violence. Un groupe de personnes, consumé par la rage, s’est dirigé vers le domicile familial du jeune homme, animé par un désir de vengeance incontrôlable.

Expédition punitive et incendie Criminel

La concession familiale du suspect a été prise d’assaut, devenant le théâtre d’une scène de chaos et de destruction. Les assaillants, déterminés à faire payer le prix du sang versé, ont saccagé la propriété  appartenant à la famille. Les flammes, s’élevant vers le ciel, symbolisaient la colère inextinguible qui embrasait Bongor. L’intervention des forces de sécurité était devenue inévitable. Face à la montée de la violence et à la menace grandissante pour l’ordre public, les autorités ont déployé des moyens importants pour disperser les émeutiers et rétablir le calme. Les affrontements, violents et désespérés, ont fait un mort.

Un nouveau mort fait monter la tension à Bongor.

Au-delà du meurtre de Frida, les affrontements entre les forces de l’ordre et les manifestants ont coûté la vie à un autre jeune homme il s’agit d’Abdoulaye Haoungoussa. Ce père de famille, victime collatérale de la folie meurtrière, a été abattu de plusieurs balles qui l’ont touché mortellement aux cuisses. L’hémorragie, inarrêtable, l’a emporté, laissant derrière lui une famille en deuil et une communauté sous le choc. Abdoulaye était le fils de l’ancien interprète assesseur du tribunal de grande instance de Bongor, un homme respecté et apprécié. Sa mort est une perte immense pour la ville de Bongor

Funérailles et tension palpable

La tension est palpable à Bongor. Les funérailles d’Abdoulaye, organisées selon la tradition musulmane, il a été rapidement inhumé, témoignant de la tristesse et de la colère qui animent la population. Le corps de Frida, lui, repose à la morgue, en attendant d’être rendu à sa famille pour la suite des enquêtes et un dernier adieu. Dans ce climat de deuil et de désespoir, les autorités locales restent silencieuses. Leur absence de réaction face à la crise ne fait qu’attiser la frustration et le sentiment d’abandon qui rongent Bongor.

Le Premier ministre séjournait il ya moins d’une semaine

Ironiquement, la ville de Bongor avait accueilli, quelques jours auparavant, le 17 février dernier,  le Premier ministre tchadien Am Hallamaye Halina. Sa présence était censée apporter un message de paix et de réconciliation. Mais cette visite, aujourd’hui, apparaît comme une parenthèse enchantée, un mirage éphémère. La réalité, brutale et implacable, a rattrapé Bongor, la plongeant dans un abîme de violence et de désespoir.

La tragédie qui frappe Bongor est un rappel brutal de la fragilité de la paix et de la nécessité d’une justice équitable pour tous. Seule une réponse rapide, transparente et impartiale permettra d’apaiser les tensions et d’éviter que la ville ne sombre davantage dans le chaos.

Source : Joseph Houmssou à Bongor

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