AES en rupture | le Niger, le Mali et le Burkina prêts à tourner la page du franc CFA.

Les pays membres de l’Alliance des États du Sahel ont choisi, en toute discrétion, d’adopter une nouvelle monnaie unique. Leur but est d’en finir avec le Franc CFA, qu’ils estiment trop influent sur leurs pays. Le Niger, le Mali et le Burkina Faso souhaitent ainsi se détacher de la France pour renforcer leur souveraineté. Le lancement de cette nouvelle monnaie pour les pays de l’AES est-il prévu pour la fin de l’année 2025 ?

D’après des experts africains, la rupture avec le FCFA se manifeste par une monnaie dite indépendante et le retour à l’exploitation des ressources naturelles dans les pays de l’AES, comme l’uranium au Niger, géré il y a sous peu par le géant Français Orano, ainsi que la reprise de l’exploitation de l’or et autres ressources naturelles au Mali et au Burkina Faso.

Le général d’armée, Assimi Goita Président du Mali

La décision des États du Mali, du Niger et du Burkina Faso de revendiquer leur souveraineté met fin à l’utilisation du Franc CFA, qui a été en vigueur pendant plus de quatre-vingts ans. Il convient de rappeler que le FCFA a été lancé officiellement le 26 décembre 1945 par un décret du Général De Gaulle, alors président du Gouvernement provisoire, avec la signature conjointe des ministres des Finances et des Colonies. Ce développement s’inscrivait dans le contexte d’après la Seconde Guerre mondiale et de l’instauration du système de Bretton Woods. À l’origine, ce franc était désigné comme “Franc des colonies françaises d’Afrique” et visait à lier les économies africaines coloniales au franc français, avec un taux de change fixé à 1 FCFA pour 1,70 franc français, selon des informations de la BCEAO.


Général d’armée, Abdourhamane Tiani, Président du Niger

Contexte de la création du FCFA

La création du FCFA a été déclenchée par la ratification par la France des accords de Bretton Woods, entraînant une déclaration officielle de la parité de sa monnaie vis-à-vis du Fonds monétaire international (FMI). Cet acte visait à instaurer un moyen de paiement fiable dans les territoires africains sous contrôle français, dont les échanges avaient été perturbés par la Guerre. En 1958, l’acronyme a été réinterprété pour signifier « Communauté française d’Afrique », en réponse aux évolutions de l’empire colonial. Suite à l’indépendance, il a été rebaptisé « Communauté financière d’Afrique » pour l’UEMOA (XOF) et a intégré la coopération financière en Afrique centrale pour la CEMAC (XAF).

Capitaine Ibrahim Traoré, Président du Burkina Faso

L’indépendance financière non-négociable ?

Pour les pays de l’AES, continuer à utiliser le Fcfa revient à vivre sans aucune forme de souveraineté. Comme le souligne un économiste, le contrôle de votre économie implique également une influence sur tous les autres domaines de votre vie. Échapper à cette servitude est essentiel pour assurer sa survie, car il est impossible d’être véritablement souverain sur le plan politique sans avoir une autonomie économique.

Rupture pour quelle garantie ?

Par ailleurs, la garantie de cette nouvelle monnaie des pays de l’AES devrait s’appuyer sur les réserves de ressources minières dont disposent ces pays, notamment l’or, l’uranium, et le pétrole et autres ressources non dévoilées. La création d’une nouvelle monnaie pour l’AES est en cours, mais tout reste incertain pour la date de son lancement officielle.

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