82 jeunes Kényans soupçonnés d’avoir été forcés de rejoindre l’armée russe en Ukraine

Dans le contexte des relations diplomatiques, les échanges se font avec soin. L’ambassadeur du Kenya en Russie communique à son ministre des affaires étrangères des informations concernant une affaire d’enrôlement, où des jeunes Kényans seraient rapidement intégrés et formés par l’armée pour participer au conflit en Ukraine.

Dans son édition du 15 décembre, le quotidien kényan The Nation, qui a pu consulter des câbles diplomatiques envoyés par l’ambassade du Kenya en Russie à son ministère des affaires étrangères. Dix-huit hommes auraient regagné leur pays grâce à l’aide de leur ambassade, a dévoilé la presse kényane le 17 décembre.
Ainsi, dans un rapport, l’ambassadeur kényan à Moscou, Peter Mathuki, liste les identités, les contacts, les dates d’entrée sur le territoire russe et les lieux d’affectation des 82 citoyens identifiés. La plupart, dépourvus de toute formation militaire, n’avaient jamais tenu une arme de leur vie avant d’être enrôlé. Après une formation express de cinq jours dans des camps d’entraînement, ils ont été envoyés sur la ligne de front.

Les jeunes trompés par des agences

Plusieurs agences de recrutement ont été signalées pour avoir induit des candidats en immigration en leur promettant de faux postes avec des salaires attractifs dans les secteurs de la transformation, de l’emballage et du nettoyage de la viande. Ces agences auraient également assuré la prise en charge des frais de transport, des examens médicaux et de l’hébergement sur place. Par ailleurs, « de jeunes Kényans continuent d’être séduits par des agents peu scrupuleux pour se rendre en Russie, et se retrouvent sans le savoir impliqués dans des opérations militaires. (…) Le ministère des affaires de la diaspora devrait lancer des campagnes de sensibilisation afin d’informer les travailleurs potentiels sur les risques liés à l’emploi à l’étranger », déclare l’ambassadeur kényan à Moscou.

Musalia Mudavadi, le ministre des affaires étrangères, a recommandé aux citoyens kenyans voyageant ou résidant en Fédération de Russie ainsi que dans les républiques de Biélorussie et du Kazakhstan de s’enregistrer auprès de leur ambassade à leur arrivée. Cela permettra d’assurer un suivi, une assistance consulaire et une protection. Il a également précisé qu’une unité dédiée a été mise en place pour fournir un soutien psychosocial aux rapatriés et à leurs familles. Par ailleurs, il est à noter que le Kenya n’est pas le seul pays africain en matière de recrutement, car les autorités ukrainiennes estiment que plus de 1 400 soldats provenant de 36 pays du continent se battent aux côtés de l’armée russe.

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